Nationalisée en mai en raison de ses difficultés, Bankia est au plus mal. La quatrième banque espagnole par les actifs a publié, vendredi 31 août, une perte nette de 4,45 milliards d'euros au premier semestre 2012. L'établissement avait déjà publié, pour 2011, une perte nette de 2,979 milliards d'euros. Sa demande de sauvetage, d'un montant historique de 23,5 milliards d'euros, avait précipité l'octroi par la zone euro, en juin, d'une ligne de crédit de 100 milliards pour l'ensemble des banques espagnoles. 

Ces résultats, prévus par les analystes, ont poussé le fonds public d'aide au secteur (Frob) à annoncer une injection d'argent immédiate dans Bankia. Ce fonds a indiqué qu'il comptait injecter du capital "immédiatement", sans en préciser le montant, se limitant à indiquer que cela constituera un versement "anticipé" de l'apport prévu par le programme d'aide européen. Selon une source proche du dossier citée par Dow Jones Newswires, l'apport du Frob devrait être de 4 à 5 milliards d'euros.

Plus de 7 milliards de provisions

"Les autorités espagnoles, ainsi que les gérants du groupe, sont fermement engagés pour que le plan de restructuration du groupe soit finalisé au mois d'octobre, ce qui permettra aux autorités européennes de l'approuver en novembre", déclenchant ainsi le versement de l'aide, précise le Frob. Au premier semestre, Bankia a mis de côté 7,5 milliards de provisions, "en ligne avec ce qui était prévu dans le plan d'assainissement et de recapitalisation" présenté lors de sa nationalisation, précise-t-elle.

Espérant assainir une fois pour toutes le secteur financier, les autorités espagnoles ont imposé aux banques de réaliser plus de 80 milliards d'euros de nouvelles provisions en 2012. Cette mesure vise essentiellement à les protéger des actifs immobiliers risqués depuis l'éclatement de la bulle en 2008.