Les Allemands, moins inquiets et moins solidaires que les Italiens, les Espagnols et les Français ? C'est en tout cas ce qui ressort d'un sondage Ifop-Fiducial publié jeudi 28 juin dans Le Figaro.

• Les Allemands craignent moins la crise…

D'après cette enquête, 61% des Allemands jugent impossible que leur pays traverse une crise comparable à celle qui touche la Grèce. A l'inverse, 61% des Italiens envisagent ce scénario, tout comme 73% des Espagnols et 60% des Français.

S'ils ont confiance en l'avenir, c'est aussi que la majorité des Allemands (60%) ne ressentent pas vraiment les effets de la crise. A contrario, 87% des Espagnols, 90% des Italiens et 75% des Français considèrent que la crise a un impact très fort sur leur vie.

Il faut dire que les pays européens ne sont pas tous dans le même état de santé économique. Dans Le Figaro, quelques chiffres comparatifs entre l'Allemagne et la France sont révélateurs. Entre 1999 et 2011, les Français se sont appauvris de 5% par rapport à leurs voisins allemands, le taux de chômage est quasi deux fois supérieur en France (10,1% contre 5,5% selon les chiffres du Figaro). Et il n'a cessé d'augmenter depuis le début de la crise en 2008, alors qu'il baisse en Allemagne.

Pire, les résultats du solde commercial : en 1998, juste avant de passer à l'euro, le commerce extérieur français dégageait un excédent de 25 milliards d'euros, contre 60 milliards en Allemagne. "L'an dernier nous avons été dans le rouge à hauteur de 73,5 milliards, record historique, quand notre voisin accumulait une cagnotte de 158 milliards d'euros", explique le quotidien. 

• … et sont moins prêts à aider les pays en difficulté

Toujours selon le sondage, 64% des Allemands n'ont pas envie d'aider la Grèce. A l'inverse, 54% des Espagnols et 64% des Italiens pensent que c'est nécessaire. "Les pays les plus en difficulté sont les plus favorables à la solidarité, sans doute parce qu'ils redoutent d'être les prochains sur la liste", explique Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion publique à l'Ifop, interrogé par Le Figaro.

De même, les Allemands sont contre les eurobonds (60%) alors que les Espagnols, eux, y sont très favorables (81%), comme les Italiens (82%). Ils sont donc sur la même ligne que leur chancelière, Angela Merkel, qui a répété son opposition à toute forme de mutualisation de la dette tant que les possibilités de "contrôle et d’intervention" n’auraient pas été renforcées.

Car pour Berlin, ce type de décision présuppose une intégration européenne poussée. Et sur cette question, les Européens sont encore divisés. En France et en Allemagne, l'opinion semble partagée (51% et 50%). En Espagne (67%) et en Italie (70%), "à l'aune de la solidarité espérée et de l'inquiétude qui monte face à une crise durable, écrit le quotidien, les attentes vis-à-vis d'une intégration renforcée sont élevées."