Banques : après l'accord européen, Fillon organise la recapitalisation

Chaque établissement français devra soumettre au régulateur européen son plan de recapitalisation avant le 15 décembre.

De gauche à droite : le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, le ministre de l'Economie, François Baroin, et le Premier ministre, François Fillon, lors d'une réunion avec les dirigeants des grandes banques françaises, mercredi 2 octobre 2011 à Paris.
De gauche à droite : le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, le ministre de l'Economie, François Baroin, et le Premier ministre, François Fillon, lors d'une réunion avec les dirigeants des grandes banques françaises, mercredi 2 octobre 2011 à Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)
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Une semaine après l'accord européen de sauvetage de l'euro, François Fillon préfère prendre les devants. Mercredi 2 novembre, le Premier ministre organisait une réunion à Matignon avec les principaux dirigeants du secteur bancaire. Au menu : la mise en place de la feuille de route du renforcement, sans capitaux publics, des capitaux des banques.

"Le renforcement des fonds propres des banques doit être leur priorité absolue", a martelé le chef du gouvernement, qui a "fixé un premier calendrier" pour cette opération. Concrètement, chaque banque devra soumettre au régulateur européen (European banking authority ou EBA), avant le 15 décembre, "un plan détaillé de la façon dont elle compte atteindre [ses] objectifs".

Cela ne sera pas une partie de plaisir : l'EBA a évalué à 8,8 milliards d'euros les besoins de fonds propres supplémentaires des banques françaises, qu'elles devront mettre en réserve d'ici à fin juin 2012. Et tout cela se fera sans capitaux publics, comme elles l'assurent depuis la fin du mois d'octobre.

Bonus et dividendes en ligne de mire

Pour éviter de faire appel à l'Etat ou même de lever des fonds sur les marchés, les banques françaises prévoient de maîtriser leurs coûts, et surtout de mettre en réserve une part importante de leurs bénéfices. Pour elles, c'est l'autre grand chantier.

"Compte tenu du contexte, elles devront faire preuve de la plus grande modération dans la distribution des dividendes aux actionnaires et en ce qui concerne leur politique de rémunération et de bonus", a ainsi prévenu François Fillon. Et de brandir la menace d'une sanction : "J'ai demandé au gouverneur de la Banque de France d'être particulièrement vigilant sur ce point, en vérifiant en amont le montant des enveloppes envisagées et en utilisant, en tant que de besoin, les pouvoirs dont il dispose."

C'est qu'il y a matière à s'inquiéter quand on se souvient du comportement des banques après la crise de 2008. Les quatre principaux établissements français cotés (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Natixis) ont ainsi attribué, au titre de 2010, une enveloppe de bonus de 1,86 milliard d'euros à certains de leurs salariés.