"Face aux attaques du Parti socialiste, le gouvernement allemand répond par le silence." Alors que la polémique enfle, samedi 27 avril, du côté français du Rhin, sur la question des politiques d'austérité, personne, à Berlin, n'a souhaité jeter de l'huile sur le feu. Toutefois, selon Arnaud Boutet, la tension est "palpable" autour des "réformes structurelles engagées par la France". Pour les Allemands, elles ne vont pas assez vite. "Il faut un coup d'accélérateur, pense-t-on à Berlin. Sur la politique d'austérité, Angela Merkel a dit que c'était le meilleur chemin à suivre. La gauche allemande l'accuse de mener l'Europe jusqu'à l'anorexie", rappelle le correspondant de France 2 à Berlin. 

A Paris, Jean-Marc Ayrault s'est chargé de recadrer le Parti socialiste, qui avait sonné la charge contre Angela Merkel et les conservateurs européens dès vendredi. Dans un texte finalement édulcoré, le PS dénonçait l'égoïste intransigeance de la chancellière allemande. "Le texte a bien été soumis à Matignon et aux conseils de l'Elysée dès jeudi soir", raconte Jeff Wittenberg, donnant lieu à "des observations pour dire que l'on ne pouvait pas avoir un texte aussi hostile à la politique allemande" et à Angela Merkel.  Deux arguments sont avancés par l'exécutif pour calmer la majorité : "ce n'est pas le moment d'entrer en conflit avec un pays ami alors que la France tente un redressement de son économie, et la politique européenne a déjà commencé à s'infléchir", explique le journaliste politique de France 2.

La chancelière allemande Angela Merkel le 26 avril 2013 à Berlin. 
La chancelière allemande Angela Merkel le 26 avril 2013 à Berlin.  (JOHN MACDOUGALL / AFP)