L’austérité a fait irruption dans le vocabulaire et le quotidien des Européens depuis plus de trois ans. Le mot, répété sur les télés et radios, affiché en une des journaux, est devenu familier. Trop ? L'idée de rebooster la croissance fait en tout cas son chemin en Europe, après les suggestions de François Hollande. Le 23 mai dernier, les 27 dirigeants de la zone euro ont envisagé l'adoption de mesures de relance lors du prochain sommet européen des 28 et 29 juin. En quoi consistent ces différentes politiques économiques ? Quelles sont leurs limites ? FTVi vous explique.

• La méthode

L'austérité Les programmes de rigueur, appliqués aujourd’hui en Europe, reposent sur une idée principale : la réduction des dépenses publiques afin d’agir sur l'économie du pays. "Il s'agit de ponctionner l'économie", précise Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Souvent, on y ajoute une nouvelle source de revenus, en augmentant la pression fiscale. 

La relance A l'inverse de la politique d'austérité qui ponctionne l'activité économique, la politique de relance repose sur le soutien à l'activité économique. "C'est ce qu'on appelle une impulsion budgétaire positive", résume Mathieu Plane.

• Les effets concrets

L'austérité Hausse d’impôts, suppressions d’emplois, allongement de l’âge de départ à la retraite, les plans d’austérité se traduisent de façon variée selon les pays. En France, le plan de rigueur annoncé en novembre par François Fillon prévoit ainsi d'augmenter la TVA ou encore de geler la revalorisation des prestations sociales. A Athènes, on procède à des coupes dans l'éducation, la défense ou la santé, rappelle le Guardian dans une synthèse détaillée (lien en anglais). Toutes ces mesures obligent la population aux efforts. "L'austérité implique de partager le sacrifice. C’est un peu la méthode du 'nous sommes tous dedans'", résume un article publié sur un site américain dédié aux disparités de richesse, Inequality.org (lien en anglais)

La relance Là encore, la politique de relance s'illustre différemment selon les réformes structurelles mises en place par les Etats. Les pays de la zone euro planchent actuellement dessus. "Cela peut passer par une baisse des prélèvements et des cotisations sociales, une augmentation des prestations sociales, des investissements publics... Augmenter le nombre de professeurs ou baisser la TVA sont des mises en œuvre d'une politique de relance", détaille l'économiste. Résultats : les entreprises et les ménages se retrouvent allégés de charges. 

• Les limites

L'austérité Au regard de la situation actuelle, certains économistes critiquent de plus en plus l'austérité qui finit par peser sur la consommation des ménages et donc sur la croissance. "L'austérité étouffe la dynamique interne de l'économie", déclare Mathieu Plane. L'ampleur des plans d'austérité mis en place dans la quasi-totalité des pays de la zone euro empêche toute marge de manœuvre et crée un cercle vicieux, estime-t-il. Il faudrait donc lever le pied ou choisir une autre alternative : la relance.

La relance Elle aussi présente son lot d'inconvénients. Si à moyen ou long terme, les mesures de relance peuvent avoir un effet bénéfique sur la croissance, elles dégradent à court terme le déficit et la dette publique. En outre, l'enjeu est de bien cerner les secteurs que l'on veut soutenir afin de jouer sur la croissance.