Crise en Guyane : les barrages "ouverts jusqu'à nouvel ordre", mais pas levés

Le collectif de grévistes guyanais a décidé de permettre temporairement la circulation, à l'occasion du week-end de Pâques.

Des Guyanais participent à une manifestation près du centre spatial de Kourou, le 4 avril 2017.
Des Guyanais participent à une manifestation près du centre spatial de Kourou, le 4 avril 2017. (JODY AMIET / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Après plus de trois semaines de conflit social en Guyane, le collectif de grévistes Pou la Gwiyann dékolé ("Pour que la Guyane décolle") a décidé, jeudi 13 avril, d'ouvrir les barrages "jusqu'à nouvel ordre". Des voix se faisaient entendre depuis plusieurs jours pour réclamer la fin des blocages, qui paralysent le département d'outre-mer et entraînent des pénuries.

"Tous les barrages sont ouverts, pas levés", a précisé le porte-parole du collectif, Mikael Mancée, indiquant que la mobilisation se poursuivait. "On peut circuler, en cette période culturelle forte pour la Guyane." Le week-end de Pâques est en effet une fête religieuse très suivie par la population guyanaise.

Le blocage de Kourou maintenu

Les barrages seront tous ouverts, hormis quelques-uns jugés stratégiques comme celui du Centre spatial guyanais de Kourou. Le collectif de grévistes empêche depuis de le début du mouvement social le lancement de la fusée Ariane, qu'il voit comme un symbole des inégalités persistantes dans le département.

Pou la Gwiyan dékolé a également refusé, jeudi 13 avril, qu'une délégation se rende à Paris pour rencontrer François Hollande. Le collectif, composé de socio-professionnels, d'associations, de syndicats et d'élus, veut ainsi marquer "la colère de la population vis-à-vis d'un président qui n'a jamais porté attention à notre égard depuis le début du mouvement".

Le courroux des Guyanais pas prêt de retomber

"On est mobilisé, ça ne changera plus jamais, on a soulevé quelque chose qui ne s'arrêtera pas, a prévenu Mikael Mancée. On est parti pour des mois." Le collectif a décidé de se structurer en différents "pôles" pour la suite du mouvement. "On établit des dossiers qui concerneront l'ensemble du territoire, dans tous les domaines", a expliqué le porte-parole du collectif et leader des 500 Frères.

Le gouvernement a validé, une semaine plus tôt, un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros pour ce territoire. Pou La Gwiyann dékolé réclame toutefois 2,1 milliards supplémentaires. Une nouvelle réunion du collectif aura lieu lundi 17 avril.