L'Assemblée nationale a frôlé de peu l'incident, vendredi 25 octobre. Des députés de gauche et de droite se sont accusés mutuellement de "mise en danger de la vie d'autrui", lors de débats sur les médicaments dans le cadre de l'examen, depuis mardi, du projet de budget de la Sécu pour 2014.

Vendredi matin, le député Jean-Louis Roumégas (EELV) a défendu un amendement qui vise à dérembourser des médicaments sans utilité thérapeutique, et a cité nommément un anti-cholestérol. Le député Bernard Accoyer (UMP), ancien président de l'Assemblée et ORL de profession, a alors bondi, lançant que l'élu écologiste "pourrait être poursuivi pour mise en danger de la vie d'autrui". D'après lui, de nombreux patients ont besoin de ces molécules.

Selon l'Agence France-Presse, Jacqueline Fraysse (Front de gauche) a pris la défense de Jean-Louis Roumégas et lancé à Bernard Accoyer : "S'il y a quelqu'un qui a bien mis la vie d'autrui en danger, c'est vous" pour avoir "pendant des années démoli notre système de Sécurité sociale". "Quand on a couvert parfois des scandales sanitaires comme vous l'avez fait, je trouve qu'il vaut mieux être un peu discret !", a renchéri le député écologiste, dans une allusion à l'affaire Mediator. Cherchant à détendre l'atmosphère, le député Jean-Pierre Barbier (UMP) a finalement mis en garde son collègue contre le risque accru d'infarctus provoqué par le mélange du "cholestérol et de l'énervement".

Le député écologiste de l'Hérault Jean-Louis Roumegas, le 27 février 2013 à l'Assemblée nationale, à Paris.
Le député écologiste de l'Hérault Jean-Louis Roumegas, le 27 février 2013 à l'Assemblée nationale, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)