SOCIETE - "Cette loi de finances permet la refondation de l'école." A la tête du ministère de l'Education nationale, Vincent Peillon peut se réjouir d'avoir disposé d'un budget en augmentation par rapport à l'année précédente, priorité présidentielle oblige.

Dans le projet de loi de finances, présenté vendredi 28 septembre, le ministère de l'Education nationale, fort d'un budget de 64 milliards d'euros, a détaillé ses réformes pour la rentrée 2013. Au programme, le recrutement de 43 000 professeurs l'an prochain, incluant le remplacement de tous les départs à la retraite, et une version revue et corrigée de la formation initiale des futurs enseignants. 

Comment accomplir ce tour de force qui laissait les syndicats sceptiques ? Vincent Peillon vient d'en livrer les détails. Le ministère prévoit deux vagues de recrutements d'enseignants qui seront devant les élèves dès la rentrée 2013.

Pour les master 2 : dernière rentrée du dispositif Chatel

Pour les étudiants actuellement en master 2, rien ne change. Ils passeront comme prévu à la fin de l'année scolaire (juin 2013) la dernière partie de leur concours pour, s'ils le décrochent, assurer des cours dès la rentrée prochaine. 

Selon le ministère, "22 100 postes sont ouverts aux concours externes enseignants, à comparer aux 16 000 postes ouverts l’an passé".  

 

Capture d'écran du déroulement de la formation des futurs professeurs actuellement en M2, pour une prise de poste à la rentrée 2013, issue du projet de loi de finances 2013.
Capture d'écran du déroulement de la formation des futurs professeurs actuellement en M2, pour une prise de poste à la rentrée 2013, issue du projet de loi de finances 2013. (MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE / FTVI)

 

Pour les master 1 : une réforme de la formation initiale

Plus question de jeter les professeurs stagiaires dans le grand bain sans avoir reçu de formation pédagogique, comme c'est le cas depuis 2010 et la réforme dite de la "mastérisation" portée par Luc Chatel.  

A la rentrée 2013, les futurs enseignants "bénéficieront d'une entrée progressive dans le métier d'enseignant dans le cadre d'une formation alliant connaissances disciplinaires et didactiques mais aussi présence dans les établissements", explique le texte préparé au ministère de l'Education nationale. 

Ainsi, dès juin 2013, les étudiants actuellement en master 1 passeront le concours d'admissibilité. "Cette session de concours est organisée en 2013 pour prévoir le remplacement des départs prévus en 2014", indique le ministère. Cela représente l'ouverture de 21 350 postes destinés aux étudiants aujourd'hui en première année de master.

Capture d'écran du déroulement de la formation des futurs professeurs actuellement en M1, pour une prise de poste à la rentrée 2014, issue du projet de loi de finances 2013. 
Capture d'écran du déroulement de la formation des futurs professeurs actuellement en M1, pour une prise de poste à la rentrée 2014, issue du projet de loi de finances 2013.  (MINISTETE DE L'EDUCATION NATIONALE / FTVI)

Dès la rentrée de septembre 2013, ils intégreront les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) pour y suivre une formation de master 2 complètement repensée, partagée entre cours théoriques et heures d'enseignement, à mi-temps, face à une vraie classe. 

Des postes hors enseignants 

Pour mettre en place ces formations, "la mission enseignement scolaire (Education nationale et enseignement technique agricole) bénéficiera de 9 011 créations de postes dont l'objectif sera principalement de reconstruire une formation initiale de qualité pour les étudiants", indique le ministère.

En tout, le projet de loi de finances 2013 prévoit 10 011 créations de postes dans l'enseignement ainsi répartis : "8 781 créations de postes en équivalent temps plein pour l'éducation, 1 000 postes dans les universités et 230 pour l'enseignement agricole", précise le texte. 

Ajoutés aux postes créés à la rentrée 2012 dans la loi de finances rectificative, "ils portent à 17 000 le nombre de postes créés dans l'Education, l'enseignement supérieur et l'enseignement agricole". Par ailleurs, ici aussi, tous les départs à la retraite seront remplacés.