Dégoter une arme, entrer dans une banque, en sortir avec des liasses de billets et des bijoux, fuir en faisant crisser les pneus et n'avoir plus à se soucier de gagner sa vie. Voilà pour la théorie. Dans la pratique, cela semble beaucoup plus compliqué. C'est en tout cas ce que révèle une étude très sérieuse de trois économistes britanniques, publiée par le magazine Signifiance et mise en avant par le Wall Street Journal (article en anglais).

En fait, braquer une banque paie mal, selon l'étude de l'économiste Neil Rickman de l'université du Surrey et de ses collègues. Cette enquête s'appuie sur des données "exclusives" fournies par l'Association des banquiers britanniques, alors que les banques restent souvent discrètes. Rickman part du principe que "le crime est une activité économique comme n'importe laquelle : avec ses profits, ses pertes, ses risques, ses retours sur investissement. Et qui a aussi ses apports en travail et capital, et ses coûts."

Six mois de salaires par braquage

Ainsi, au Royaume-Uni, le butin moyen d'un vol dans une banque s'élève à 12 707 livres (soit autour de 16 000 euros), ce qui représente environ six mois du salaire moyen de l'employé de banque qui se trouve de l'autre côté du comptoir. Aux Etats-Unis, les malfrats ne récoltent, en moyenne, que 4 000 euros, selon le FBI.

Seule solution pour vivre confortablement : multiplier les braquages et donc faire grimper les risques, sans compter qu'un tiers des vols échouent. Ainsi, si un malfaiteur braque deux fois une banque, il gardera un niveau de vie modeste ; s'il commet quatre méfaits, "il a de bonne chances de finir en prison", note le Los Angeles Times"Comme source de profit, le vol de banque laisse à désirer", notent donc les auteurs de l'étude.