L'Espagne veut nationaliser partiellement Bankia. Madrid va s'emparer de 45% du capital de la quatrième banque cotée espagnole, très exposée au secteur sinistré de l'immobilier, en convertissant un prêt public en actions, a annoncé mercredi 9 mai le ministère de l'Economie.

"La valeur nominale de ces participations s'élève à 4,465 millions d'euros", qui avaient été injectés à travers un prêt public en décembre 2010, a indiqué le ministère dans un communiqué. Il accède ainsi à la demande de Bankia qui avait sollicité un peu plus tôt sa nationalisation partielle.

Le patron de Bankia a démissionné lundi

L'opération, que le ministère de l'Economie affirme vouloir "encourager", consiste à transformer en participation le prêt public qui avait été octroyé au premier actionnaire de Bankia, Banco Financiero y de Ahorros (BFA), à un taux d'intérêt de 7,75% et remboursable sous cinq ans. "De cette façon, l'Etat entrerait directement au capital de BFA et indirectement, dans sa filiale Bankia", a expliqué le quotidien El Pais sur son site (en anglais). En détenant 45%, l'Etat espagnol en prendrait le contrôle.

Dès lundi, le ministère de l'Economie avait indiqué que des fonds publics seraient injectés dans Bankia cette semaine afin de l'assainir de ses actifs immobiliers risqués. Une annonce qui avait provoqué, quelques heures plus tard, la démission du président de Bankia, Rodrigo Rato, ancien ministre de l'Economie et ex-directeur général du FMI. Son remplaçant, José Ignacio Goirigolzarri, ancien directeur général de BBVA, deuxième banque du pays, a été nommé dès mercredi.

La Bourse de Madrid dans le rouge

Bankia est la grande banque la plus exposée au secteur immobilier: 37,5 milliards d'euros fin 2011, dont 31,8 milliards considérés comme problématiques, car à la valeur incertaine (crédits risquant de ne pas être remboursés, immeubles saisis...).

L'injection de fonds par le gouvernement constituera la huitième intervention publique dans un établissement bancaire en Espagne, depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, qui a fortement fragilisé ce secteur. Madrid, qui a déjà prêté au secteur bancaire plus de 15 milliards d'euros, refusait jusque-là de remettre la main à la poche, mais a dû s'y résoudre devant les tensions croissantes sur les marchés.

La nationalisation partielle de Bankia survient au terme d'une nouvelle journée noire pour la Bourse de Madrid, qui a chuté de 2,77% à 6 812,7 points, son plus bas niveau depuis 2003.