François Hollande a-t-il parlé trop vite ? Le candidat socialiste à la présidentielle a annoncé dimanche 15 avril dans le JDD une décision de Moody's sur la note de la France pour le 12 mai. L'agence d'évaluation financière a aussitôt démenti lundi, affirmant qu'elle n'avait "pas de raison particulière" d'agir ou de communiquer à cette date-là.

L'objectif du député PS de Corrèze était de faire taire les attaques de l'UMP, qui prédit une apocalypse financière s'il accède au fauteuil de l'Elysée le 6 mai. François Hollande a ainsi souligné avec insistance, lundi, sur RFI et France Info, que cette décision de l'agence Moody's, quelle qu'elle soit, porterait non pas sur l'élection présidentielle, mais sur "la gestion du candidat sortant", Nicolas Sarkozy.

Prendre les devants

Les trois grandes agences de notation ont placé la France sous perspective négative, Standard & Poor's ayant au préalable abaissé la note de AAA à AA+ mi-janvier, ce qui signifie que d'autres dégradations sont possibles à brève échéance. Mais le placement sous perspective négative par Moody's n'entraîne pas nécessairement de décision sous 90 jours.

François Hollande semble malgré tout avoir voulu parer les coups, en prenant les devants : "Si nous étions victorieux au lendemain du 6 mai, il pourrait y avoir en cas de note négative une forme de confusion. J'ai voulu l'écarter, et la prévenir : la note qui sera accordée à la France sera la note accordée à la gestion de Nicolas Sarkozy", a insisté François Hollande. Au risque de provoquer "la confusion" tant redoutée.