Moteurs truqués : les Etats-Unis réclament au moins 20 milliards de dollars à Volkswagen

Les autorités américaines ont décidé lundi de traduire le groupe allemand en justice.

Un concessionnaire près de Bonn, en Allemagne, le 4 novembre 2015. Volkswagen a fait état d'"irrégularités" sur les émissions de CO2 de 800 000 voitures.
Un concessionnaire près de Bonn, en Allemagne, le 4 novembre 2015. Volkswagen a fait état d'"irrégularités" sur les émissions de CO2 de 800 000 voitures. (WOLFGANG RATTAY / REUTERS)

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Les Etats-Unis veulent faire payer Volkswagen pour ses tromperies. Les autorités américaines ont décidé lundi 4 janvier de traduire en justice le groupe allemand et ses marques haut de gamme Audi et Porsche, à qui elles réclament au moins 20 milliards de dollars (près de 18,5 milliards d'euros) de dédommagements.

Le département de la Justice (DoJ) et l'agence de l'Environnement (EPA) ont annoncé avoir déposé une plainte commune devant un tribunal du Michigan (nord) contre le groupe. Ils lui reprochent d'avoir équipé 600 000 véhicules diesel d'un logiciel leur ayant permis de polluer "excessivement" sans se faire prendre, "trompant (ainsi) les consommateurs et affectant leur santé", selon les documents judiciaires.

32 500 dollars d'amende réclamés par véhicule truqué

Cette action civile est distincte du volet pénal : le ministère de la Justice a en effet ouvert une enquête pénale en parallèle. Au tribunal civil, le DoJ et l'EPA demandent des dommages et intérêts pouvant s'élever à au moins 20 milliards de dollars et le remboursement de leurs frais de justice.

Dans le détail, les deux régulateurs attendent de la justice qu'elle impose une pénalité d'au moins 32 500 dollars (environ 30 000 euros) pour chaque véhicule affecté. A ceci s'ajouterait au moins 2 750 dollars (un peu plus de 2 500 euros) par logiciel installé. Le montant de l'amende peut varier selon le millésime des voitures concernées. Volkswagen, qui génère un chiffre d'affaires annuel de 200 milliards d'euros et emploie 600 000 personnes, a déjà mis de côté 6 milliards d'euros en prévision d'éventuels accords et amendes.