Allemagne : "Il faut bannir les voitures diesel les plus polluantes des centres-villes"

Alors que s'ouvre jeudi le salon de Francfort, en Allemagne, la question du diesel est au coeur des préoccupations de l'industrie automobile. Plusieurs grandes villes pourraient interdire les voitures les plus polluantes, comme Stuttgart.

En mars 2016, l\'association Greenpeace a mis en place une station de mesure du dioxyde d\'azote au carrefour \"Neckartor\" près de Stuttgart.
En mars 2016, l'association Greenpeace a mis en place une station de mesure du dioxyde d'azote au carrefour "Neckartor" près de Stuttgart. (BERND WEISSBROD / DPA)
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Cyril SauvageotRadio France

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Le salon de Francfort, grand-messe de l’industrie automobile allemande, ouvre ses portes jeudi 14 septembre, à dix jours des élections législatives et dans un contexte de préoccupations quant à l'avenir du diesel outre-Rhin.

Depuis le "dieselgate", le scandale des moteurs truqués chez Volkswagen, le diesel est sur la sellette. Plusieurs grandes villes pourraient prochainement interdire les voitures les plus polluantes comme Stuttgart, la capitale du Land de Bade-Wurtemberg et ville de Porsche et de Mercedes.

A Stuttgart, les autorités régionales pourraient interdire les voitures les plus polluantes : le reportage de Cyril Sauvageot
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Le "Neckartor", tout près du centre-ville de Stuttgart est le carrefour le plus pollué d’Allemagne. Certains jours, le taux de particules fines dans l’air y dépasse de 100% la norme autorisée. Un calvaire pour les riverains comme Nicole. "Je travaille juste à côté, et je m’en rend compte tous les jours, c’est une catastrophe !, lance-t-elle. Le pire est qu’on s’habitue à la mauvaise qualité de l’air. C’est seulement quand on part en voyage qu’on réalise. Tout à coup, on respire et on se dit : ‘Mais où je vis ?'."

Pour faire bouger les autorités, le mouvement écologiste Umwelthilfe a saisi la justice. "Le dioxyde d’azote provient pour environ 80% du trafic automobile et surtout des moteurs diesels, indique Jürgen Resch, le président d'Umwelthilfe.

Nous pensons -et c’est aussi ce que disent les juges qui se sont penchés sur le dossier- qu’il faut bannir les voitures diesel les plus polluantes des centres-villes.

Jürgen Resch, écologiste

à franceinfo

L'opposition des industriels

Rien n’est encore acté, mais l’association a eu gain de cause en première instance. Une très mauvaise nouvelle pour Stefan Wolf. Il représente des chefs d’entreprise de la région et redoute les retombées économiques d’une interdiction.

Les conséquences seraient dramatiques pour l’ensemble du réseau de livraison et d’approvisionnement des entreprises.

Stefan Wolf, représentant de chefs d'entreprise

à franceinfo

"La plupart des petits transporteurs n’ont quasiment que des camions qui roulent au diesel, rappelle Stefan Wolf. Comment feront-ils s’ils ne savent jamais à quel moment ils ont le droit ou pas de circuler ?"

Vers l'interdiction des voitures les plus polluantes 

Alors, interdiction partielle ou totale ? Toutes les options restent ouvertes répondent les autorités régionales. "Il y a des modèles récents qui respectent les normes. C’est pourquoi nous devons plutôt inciter les automobilistes à s’équiper de voitures neuves, explique Edgar Neumann, le porte-parole du ministère des Transports du Bade-Wurtemberg. Il faut aussi que l’industrie automobile se charge de la remise aux normes des anciennes voitures. Une simple modification des logiciels ne suffit pas à faire rééllement baisser le taux de pollution."

Notre volonté n’est pas d’exclure toutes les voitures diesel. 

Edgar Neumann, porte-parole du ministère des Transports du Bade-Wurtemberg

à franceinfo

Pour aider les villes à améliorer la qualité de l’air et à développer des infrastructures propres, le gouvernement fédéral vient de débloquer un milliard d’euros. Mais, si la situation ne s’améliore pas rapidement à Stuttgart, l’interdiction des diesels pourrait entrer en vigueur dès 2018.