Chez les concessionnaires, les voitures s'accumulent, et les acheteurs s'impatientent. Mercedes a annoncé, vendredi 2 août, avoir déposé un recours devant le Conseil d'Etat contre le blocage des immatriculations de certains de ses modèles par l'Etat français. Depuis la mi-juin, les véhicules Mercedes-Benz des classes A, B et CLA ne sont plus immatriculés, car ils utilisent un gaz de climatisation qui n'est plus autorisé, au lieu du nouveau gaz, moins polluant, homologué par l'Union européenne. 

Le groupe automobile allemand se refuse à utiliser le nouveau fluide, baptisé R1234yf, évoquant le caractère inflammable du produit en cas d'accident, et un grave risque pour la sécurité. Cet argument ne convainc ni les autorités européennes ni Paris. Le tribunal administratif de Versailles a suspendu récemment le blocage des voitures, mais la France a décidé de faire jouer la clause de sauvegarde, qui permet à un pays de l'Union européenne de protéger ses intérêts.

La moitié des Mercedes vendues dans l'Hexagone sont des modèles compacts du type Classe A et Classe B. Selon le groupement des concessionnaires Mercedes, la situation pourrait menacer à terme 1 600 emplois dans le réseau de distribution, sur un total de 11 000.