Quatre questions pour comprendre la visite de la répression des fraudes chez Renault

Renault a confirmé que la répression des fraudes s'est rendue dans trois de ses sites. L'annonce par les syndicats de perquisitions sur ces sites a fait baisser de 20% l'action en bourse du constructeur automobile.

Le stand Renault lors d'un salon automobile à Bruxelles (Belgique), le 14 janvier 2015.
Le stand Renault lors d'un salon automobile à Bruxelles (Belgique), le 14 janvier 2015. (LAURIE DIEFFEMBACQ / BELGA MAG / AFP)

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"Pas de logiciel de fraude sur la marque Renault", a affirmé, jeudi 14 janvier, Ségolène Royal. Dans le cadre de l'enquête sur les émissions polluantes de véhicules diesel menée par le gouvernement français après le scandale Volkswagen, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a visité trois des sites de la marque automobile française.

L'information, donnée par les syndicats puis confirmée par la marque, a affolé les marchés, ce jeudi. L'action en bourse du groupe a alors dévissé de près de 20% à la mi-journée. Francetv info vous explique tout sur la situation du groupe Renault.  

Quels sont les sites concernés ?

Les sites visés par ses contrôles de la répression des fraudes ont été le centre d'ingénierie de Lardy (Essonne), le technocentre de Guyancourt (Yvelines) et le siège social de la marque à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Selon un responsable de la CGT, cité par Reuters, les perquisitions de la DGCCRF ont eu lieu jeudi à Lardy et vendredi matin à Guyancourt.

Pourquoi ont-ils été contrôlés ?

Selon la CGT, les secteurs concernés par ces visites "laissent fortement penser" que ces "perquisitions" sont "liées aux conséquences de l'affaire des 'moteurs truqués' de Volkswagen", dont certains modèles étaient équipés d'un logiciel qui permettait de fausser les résultats des tests de pollution. "Ils ont récupéré les PC de plusieurs directeurs", précise-t-il.

Il s'agissait donc de procéder à un complément d'enquête aux tests réalisés par la commission technique mise en place par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal dans le sillage de l'affaire des "moteurs truqués".

Y a-t-il eu une fraude de Renault ?

Dans son communiqué, le constructeur affirme "que la procédure en cours ne mettrait pas en évidence la présence d'un logiciel truqueur équipant les véhicules Renault". Ségolène Royal a confirmé, jeudi 14 janvier, qu'il n'y avait "pas de logiciel de fraude sur la marque Renault". "Les actionnaires peuvent être rassurés, les salariés peuvent être rassurés", a-t-elle ajouté.

La ministre de l'Ecologie indique néanmoins que des "dépassements des normes" de CO2 et d'oxyde d'azote ont été constatés chez Renault (ce qui n'est pas le cas chez l'autre constructeur français, PSA Peugeot Citroën) et deux autres marques étrangères. Le constructeur "a accepté de venir devant la commission la semaine prochaine, d'après Ségolène Royal, pour dire comment il va remédier" à ces anomalies.

De son côté, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron précise que le cas de Renault n'est "en aucun cas" comparable à celui de Volkswagen, qui a délibérément truqué des moteurs diesel.

Quel est le problème avec ces "dépassements de normes" ?

Denis Baupin, vice-président écologiste de l'Assemblée nationale et membre de la commission Royal, explique à Reuters que deux véhicules Renault ont été testés, une Renault Espace et une Capture. "L'anomalie est au moins d'un facteur de trois à cinq – trois à cinq fois plus importante – que ce qui était attendu par rapport aux résultats des homologations", rapporte-t-il.

Une source proche de Renault a expliqué à Reuters, sans préciser le nombre de véhicules sur lesquels l'écart a été constaté qu'il "doit y avoir des écarts entre les niveaux d'oxydes d'azote (NOx) mesurés en laboratoire et ceux enregistrés en condition plus réelle d'utilisation des véhicules, qui expliquent cette démarche de la DGCCRF".