Quatre questions sur la VTC sans conducteur lancée par Uber aux Etats-Unis

La location de véhicules autonomes est expérimentée à Pittsburgh, en Pennsylvanie, à partir du mercredi 14 septembre. Franceinfo vous en dit plus.

Le modèle de la voiture autonome expérimentée par Uber à Pittsburgh (Etats-Unis), pris en photo le 13 septembre 2016.
Le modèle de la voiture autonome expérimentée par Uber à Pittsburgh (Etats-Unis), pris en photo le 13 septembre 2016. (ANGELO MERENDINO / AFP)
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Uber passe à la vitesse supérieure. L'entreprise, qui propose un service de location de voitures via une application pour smartphones, expérimente la voiture de transport avec chauffeur (VTC)... sans chauffeur. Oui, vous avez bien lu : le véhicule sera autonome. Le top départ de l'expérimentation a été donné mercredi 14 septembre à Pittsburgh (Pennsylvanie). Cette ville américaine de plus de 2,6 millions d'habitants est devenue un pôle de haute technologie de la côte est.

1Comment cette voiture fonctionne-t-elle ?

Quand vous montez à bord, votre interlocuteur n'est plus un chauffeur : c'est un ordinateur. Ou plutôt un écran tactile, qui permet d'enregistrer certaines informations, comme on peut le voir dans ce reportage du New York Times (en anglais). Avez-vous bien accroché votre ceinture ? Avez-vous bien enregistré votre adresse de destination ? Alors c'est parti ! Le véhicule peut se diriger dans une ville si ses données cartographiques ont été enregistrées au préalable. Avant l'expérimentation de Pittsburgh, par exemple, des véhicules ont sillonné les rues. Grâce aux chauffeurs de son service "traditionnel", Uber a pu collecter et exploiter des quantités faramineuses de données sur les routes et les conditions de circulation.

Et pour repérer les obstacles – ou un malheureux piéton qui traverse en courant – et surtout les éviter, les voitures sont équipées de lasers à 360 degrés, de caméras et de capteurs.

2Est-ce dangereux ?

Pour l'heure, Uber affirme que ses voitures autonomes n'ont pas eu d'accident. Néanmoins, l'entreprise a formé ses techniciens-accompagnateurs à cette éventualité, qui leur paraît inéluctable. Rassurez-vous : dans un premier temps, le passager ne sera pas seul. Un technicien sera assis à la place du conducteur, mais sans toucher le volant. Un second technicien sera là pour observer le comportement du véhicule. Mais très vite, l'entreprise espère passer à un seul.

Si cela peut vous rassurer, dès qu'on touche les pédales ou qu'on tourne le volant, la voiture n'est plus automatique, indique Mashable (en anglais), qui a pu la tester. On reprend le contrôle. Et pour la concevoir, Uber a fait appel aux meilleurs ingénieurs du secteur, explique Bloomberg (en anglais), qui a consacré un dossier complet à ces voitures le 18 août.

Uber va plus loin et n'hésite pas à clamer haut et fort que sa voiture est indispensable à la sécurité routière. "Nous savons que les Uber autonomes ont un potentiel énorme pour accomplir notre mission et améliorer la société : réduire le nombre d'accidents de la route, qui tuent 1,3 million de personnes par an, libérer 20% de l'espace urbain mangé par les places de stationnement pour des milliards de voitures et réduire les embouteillages qui font perdre des milliers de milliards d'heures par an", affirme Travis Kalanick, fondateur de Uber. Son but ultime, affirme-t-il, est de faire en sorte que les routes soient plus sûres. L'avenir dira s'il y parvient.

3Est-ce vraiment la première fois que cette voiture est expérimentée ?

Pas vraiment. Uber s'est vu coiffer au poteau en août par une start-up de Singapour, qui a lancé un service embryonnaire cantonné à une petite partie de l'île. Mais cet espace est facilement navigable. Or, Uber a choisi la difficulté.

Pittsburgh a des collines escarpées, des vieilles rues étroites et des autoroutes en pagaille. Son maire le dit lui-même au Chicago Tribune (en anglais). La météo capricieuse de Pittsburgh est aussi un élément intéressant pour réaliser ce test, autrement plus réaliste que celui de Singapour. Pittsburgh a une autre particularité : elle compte 500 ponts. Or, les pont sont "difficiles" pour les voitures autonomes, souligne Bloomberg. Car un pont dispose de peu d’éléments environnementaux contextuels.

Une douzaine de Ford hybrides, reconnaissables à toute la machinerie perchée sur le toit du véhicule, sont prêtes à prendre rapidement du service et s'ajouter aux quatre véhicules pionniers. Dans un avenir proche, Uber veut aussi utiliser une flotte de Volvo. L'entreprise a passé un accord avec le constructeur suédois pour investir 300 millions de dollars (264 millions d'euros) dans la conception commune d'une voiture sans conducteur. Le lancement n'est cependant pas espéré avant 2021, selon Le Monde.

4N'y aura-t-il plus que des voitures sans conducteur à l'avenir, y compris en France ?

Le test de Pittsburgh laisse penser, en effet, que le but ultime est de créer une flotte uniquement composée de taxis sans chauffeur. "La conduite autonome est au cœur de la mission d'Uber", estime Anthony Levandowski, vice-président chargé de l'ingénierie chez Uber, interrogé par l'Agence France-Presse. Mais il n'y a pas que chez Uber que c'est une priorité : les voitures autonomes sont l'un des secteurs les plus en pointe dans la recherche automobile. Les constructeurs rivalisent d'annonces pour présenter des voitures capables de se diriger toutes seules.

L'américain Ford ou l'allemand BMW se sont récemment fixé l'objectif d'une production en série en 2021. Le constructeur américain Tesla, lui, commercialise déjà une berline, la "Model S", avec des équipements très avancés en la matière, toutefois remise en question après un accident mortel en Floride. Il ambitionne aussi à plus long terme de créer un réseau de voitures autonomes utilisable à la demande. Outre les constructeurs traditionnels, des géants d'internet comme Alphabet (Google) sont également sur les rangs.

Cela reste un objectif lointain, insistent les responsables d'Uber. Ils envisagent une cohabitation entre voitures classiques et autonomes pendant encore longtemps. Ne vous attendez donc pas à voir rouler une voiture sans chauffeur dans l'immédiat en France, même si aucune précision n'a été donnée pour l'Hexagone.