Deux euros le litre de sans plomb, ce n'est plus un mythe. Ce seuil symbolique a été franchi, mardi 13 mars, dans une station-service parisienne, selon le site spécialisé Carbeo. De quoi faire pâlir les automobilistes, déjà habitués à des hausses régulières des prix des carburants depuis fin 2011. Et la flambée se poursuit en France, les prix atteignant de nouveaux sommets la semaine dernière. 

Face à cette situation, l'inquiétude grandit chez les consommateurs désormais familiers des pleins avoisinant les 100 euros. Dans les commentaires de notre live, plusieurs internautes nous ont posé leurs questions relatives à la hausse des prix. Voici des éléments de réponses. 

• Pourquoi les prix augmentent ? 

Plusieurs raisons à cela. D'abord les tensions géopolitiques en cours dans certaines régions du monde exportatrices de pétrole ; mais aussi, la faiblesse de l'euro face au dollar, comme l'explique ce reportage de France 2.

Autre problème signalé par Europe1.fr : la diminution du nombre de stations-service. Alors qu'en 1975, on en dénombrait 47 500, on n'en compte désormais plus que 12 000 en France. "On en ferme presque 500 par an", reconnaît Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières. Et qui dit moins de stations, dit une plus faible concurrence. Donc des prix plus élevés. 

• Pourquoi y a-t-il des disparités de prix entre les stations-services ? 

Vous l'avez sans doute constaté : vous ne payez pas le même prix si vous faites le plein dans une station Total de la région parisienne ou dans une station Leclerc de Rouen. Interrogé sur Europe1, Franck Ibled, fondateur du site carbeo.com, explique ces disparités par la proximité avec les raffineries. "L'essence est moins chère lorsque vous êtes proches des dépôts pétroliers. C'est le cas notamment à Rouen ou autour de Marseille", note-t-il. Le coût du transport se répercute donc moins sur le prix final. 

Fin décembre, l'institut ESG Research Lab s'est intéressé à ces disparités dans une étude rapportée par le Parisien.fr. Ainsi, les prix varient de 2 et 3 centimes du litre entre les régions et  "jusqu’à 14 centimes par litre" entre les distributeurs. 

Autre variation constatée par les automobilistes : la différence de prix entre Paris et la province. A cela, Jean-Louis Schilansky donne une explication sur 20minutes.fr : dans la capitale, "les coûts d’exploitation liés notamment à l’acheminement du carburant, y sont également plus élevés, avec des volumes plus faibles. Ces stations offrent la plupart du temps un service de proximité et de dépannage qui peut justifier le différentiel de prix". Pour le moment, les 2 euros du litre sont donc réservés à quelques stations parisiennes. Mais aucun département n'est épargné par les prix élevés. 

• Qui profite de cette hausse du prix des carburants ?  

"Il y a des gens qui profitent de l'augmentation du pétrole", a clamé Nicolas Sarkozy sur Europe 1, mercredi matin, évoquant les distributeurs. Selon le baromètre carburants de la confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV) paru en novembre dernier, les marges des distributeurs ont connu un pic historique en 2011. Elles ont ainsi atteint 10,30 centimes d'euro par litre pour le super. Pour Thierry Saniez, délégué général de la CLCV interrogé sur France-Info, ces marges amplifient les hausses de prix. 

Mais la hausse des prix profite surtout à l'Etat. En effet, les taxes représentent 50 à 60% du prix de vente des carburants, comme en témoignent ces graphiques publiés sur le site Connaissances des énergies. Parmi elles, la Taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TIPCE, ex-TIPP) et la TVA. Si la TIPCE est fixe pour une année donnée - elle ne subit donc pas les fluctuations de prix -, il en est autrement pour la TVA qui "augmente mécaniquement avec la hausse des carburants" explique la Tribune. En 2008, année de tous les records, les recettes de l'Etat grâce à la TVA ont ainsi atteint 10,25 milliards d'euros.

Mercredi, Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe d'hypermarchés, a proposé aux candidats à l'Elysée de diminuer les taxes pour maîtriser la hausse des prix. Il s'est vu rétorquer un "non" catégorique du président candidat Sarkozy. En attendant, les consommateurs paient la facture.