Arnaud Montebourg s'oppose à une hausse de la fiscalité sur le diesel

Le ministre du Redressement productif contredit ainsi les positions de la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho.

Arnaud Montebourg quitte l'Elysée, le 20 février 2013 à Paris.
Arnaud Montebourg quitte l'Elysée, le 20 février 2013 à Paris. (FRANCOIS MORI / AP / SIPA)
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"Notre souhait est de trouver une formule qui n'attaque pas le diesel, car attaquer le diesel c'est attaquer le made in France". Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a réaffirmé, dimanche 3 mars sur Europe 1 et i-Télé, son opposition à un alignement de la fiscalité du diesel sur les autres carburants, comme le préconise la Cour des comptes dans un rapport. Cette déclaration contredit les propos de la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, qui assurait en février : "Je pense que ce sera incontournable."

Les "sages" de la rue Cambon remettent en cause le régime fiscal dérogatoire dont bénéficie le carburant préféré des Français qui représente 80% de la consommation en France. Il existe un écart important de taxation entre l'essence (0,6 centime le litre) et le gazole (0,42 centime). Selon l'instance, le coup de pouce au diesel retarde la transition énergétique et surtout, occasionne un manque à gagner important pour l'Etat, de l'ordre de près de 7 milliards d'euros en 2011. Or, pour Arnaud Montebourg, "utiliser le diesel comme source de financement de l'Etat n'est pas la bonne solution" car cela impliquerait notamment une baisse du pouvoir d'achat des Français. 

"Pas de prime à la casse" pour les vieux diesel

Le discours est légèrement plus flou sur la "prime à la casse" suggérée par Delphine Batho. Arnaud Montebourg a préféré évoquer une "prime à la conversion", assurant qu'un travail gouvernemental était "en cours", sans donner plus de détails. Le ministre a toutefois précisé, dimanche, qu'il n'y aurait "pas de prime à la casse" pour les véhicules diesel. "Nous somme opposés à la prime à la casse, a-t-il martelé, c'est une drogue qui a précipité nos constructeurs dans la difficultés. Une prime à la casse, qui avantage les constructeurs non Français, ne m'intéresse pas".

La principale question, outre son coût, est de déterminer si on favorise l'achat de voitures neuves utilisant de l'essence, des véhicules au diesel respectant les nouvelles normes ou des véhicules d'occasion à l'essence. Le ministère souligne que les détenteurs des véhicules qu'on voudrait retirer de la circulation sont souvent des familles modestes qui n'auront peut-être pas les moyens financiers, même avec une aide, d'acheter une voiture neuve.