PSA - La restructuration de PSA Peugeot Citroën est "inévitable". Commandé mi-juillet par le gouvernement, qui espérait contrer le plan de restructuration du groupe, le rapport de l'expert gouvernemental Emmanuel Sartorius, rendu mardi 11 septembre, critique la stratégie de PSA mais entérine, entre les lignes, la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). 

Une restructuration inévitable 

"La nécessité, dans son principe, d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n'est malheureusement pas contestable", juge le document. Le 12 juillet, PSA Peugeot-Citröen annonçait la suppression de 8 000 postes, notamment dans ses usines d'Aulnay et de Rennes, accompagné de mesures de reclassement. 

Le constructeur automobile français doit "d'urgence redresser [la] situation", poursuit le rapport, qui reproche au groupe d'avoir raté le virage de la mondialisation et de n'avoir pas mené "une réflexion d'ensemble sur l'avenir de ses sites industriels". Pour autant, les mesures du plan de sauvegarde de l'emploi doivent être strictement limitées à ce qui est "nécessaire pour le redressement de l'entreprise", précise l'expert, qui insiste sur l'importance du suivi des salariés concernés. 

Critiques de la stratégie de la direction

Et le rapport n'est pas tendre avec la direction de PSA Peugeot-Citröen. Il regrette notamment les choix qui ont amené le constructeur automobile en crise à décider la fermeture de son usine d'Aulnay. Ainsi que son manque de dialogue avant cette décision.

Ainsi, l'expert souligne une erreur dans l'appréciation de la situation de l'usine du groupe à Madrid, "qui souffre pourtant de nombreux défauts", mais dont la direction évacue la possibilité d'une fermeture. Et de déplorer : "L'histoire aurait probablement pu être écrite de façon différente si la direction de PSA avait entamé en amont un dialogue transparent avec les partenaires sociaux et les pouvoirs publics."

Conditions et pistes pour restaurer la compétitivité 

Pour Emmanuel Sartorius, ingénieur des Mines et expert du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies, PSA doit garantir l'avenir du site de Rennes, où le groupe envisage de supprimer 1 400 emplois. "L'affectation d'un nouveau modèle à Rennes et les investissements qui y sont liés doivent être garantis, comme annoncé par la direction", estime le document. Qui précise que cette pérennité doit être assurée indépendamment des accords entre PSA et General Motors.