3,8 millions de personnes sont mal-logées en France, selon la Fondation Abbé Pierre. Parmi elles, 900 000 n'ont pas de logement personnel

L'association publie jeudi 28 février son 21e rapport sur le mal-logement, qui montre une aggravation de la crise.

Vue des quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 18 septembre 2012
Vue des quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 18 septembre 2012 (GERARD JULIEN / AFP)

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Deux décennies que la Fondation Abbé Pierre rend un volumineux rapport en forme de cri d'alarme sur le mal-logement. Un chiffre-choc en 2016 : la France compte 3,8 millions de mal-logés. La crise, rappelle l'association dans son enquête annuelle, publiée jeudi 28 janvier, s'est traduite par une forte hausse de la pauvreté au cours de la période 2008-2012 et le logement s'inscrit au cœur du décrochage des couches populaires. Au total, à des degrés divers, près de 14,5 millions de personnes sont victimes de cette crise du logement, selon la Fondation Abbé Pierre.

Plus de 140 000 personnes vivent sans domicile

Si l'association évalue à 3,8 millions le nombre de mal-logés, ce chiffre englobe deux grandes catégories. Il recense d'une part 2,9 millions de personnes qui vivent dans des conditions de logement très difficiles (privation de confort et/ou surpeuplement) et d'autre part 900 000 personnes privées de "logement personnel".

Sur ces 900 000 personnes, quelque 650 000 sont contraintes d'habiter chez un tiers, dont une partie croissante (+19% en dix ans) d'adultes retournant résider chez leurs parents, faute de moyens. Et 141 000, sans domicile, vivent dans la rue, dans des habitations de fortune ou hébergées dans des hôtels. Un chiffre en augmentation de 50% cette dernière décennie, selon l'enquête.

1,2 million de locataires sont menacés d'expulsion

Au-delà des 3,8 millions de mal-logés, plus de 12 millions de personnes sont fragilisées par la crise du logement, estime la Fondation Abbé Pierre. Qui regroupe-t-elle dans cette catégorie ? Elle recense d'abord les 1,12 million de propriétaires occupant un logement dans une copropriété en difficulté, avec des charges excessives pour une propriété dégradée. Elle compte ensuite 1,2 million de locataires en impayés de loyers ou de charges, encourant donc un risque d'expulsion.

L'association estime en outre que 4,2 millions de personnes vivent dans un logement en surpeuplement modéré, et donc qu'il leur manque une pièce par rapport à la norme admise. Elle ajoute enfin les 3,5 millions de personnes souffrant du froid pour des raisons de précarité énergétique, et 5,7 millions en situation d'effort financier excessif (consacrant plus de 35% de leurs ressources au logement). Au total, conclut-elle, "ce sont 14 466 000 personnes qui sont victimes de la crise du logement".