Une femme devant un rayon de fromages dans un supermarché de Caen (Calvados), le 20 mars 2012.
Une femme devant un rayon de fromages dans un supermarché de Caen (Calvados), le 20 mars 2012. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

SANTE – Trop gras, trop sucrés, trop salés. Les efforts de l'industrie agroalimentaire pour réduire ces apports dans ces produits s'avèrent encore insuffisants pour respecter les préconisations sanitaires, selon l'étude de l'Observatoire de la qualité de l'alimentation (Oqali), publiée mardi 4 décembre.

Au cours des cinq dernières années, les apports journaliers en sucres ont baissé de 0,4% pour les hommes et les femmes et la part des lipides (graisses) de 0,4% pour les hommes et 0,3% pour les femmes, selon une évaluation basée sur les produits proposés par l'industrie agroalimentaire aux consommateurs français. L'étude a mesuré les effets des nouvelles recettes de certains produits industriels, et montre que les progrès restent très insuffisants par rapport aux objectifs du Plan national nutrition santé (PNNS 2). Entre 2008 et 2012, trente entreprises de l'industrie agroalimentaire ont adopté des chartes. Huit nutriments étaient ciblés : sodium, sucres, lipides, vitamine D, acides gras saturés, acides gras trans, fibres et calcium.

Les gains ont été réalisés notamment sur les produits frais laitiers et les boissons fraîches sans alcool pour le sucre et sur les charcuteries pour le gras, selon l'évaluation transmise par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). Cet organisme pilote les travaux de l'Oqali avec l'Inra, l'Institut national de recherches agronomiques.

Moins d'aspartame, plus d'édulcorant naturel

Dans le détail, l'étude, qui a passé en revue près de 15 000 produits transformés, témoigne de la grande désaffection pour l'aspartame "dès 2003", liée aux suspicions d'effets cancérigènes. Début 2012, il n'était plus présent que dans 39% des innovations à base de "faux sucres" (les "édulcorants intenses") contre 85% en 2002.

A l'inverse, les produits à base de Stevia (un édulcorant naturel) sont de plus en plus nombreux depuis l'autorisation du produit en 2009. Autre donnée : près d'un produit sur cinq parmi les 15 000 de la liste contiennent de l'huile de palme, corps gras que le Sénat a vainement tenté de surtaxer pour en réduire l'usage (amendement dit "Nutella"). On retrouve notamment cette huile dans les pains, les biscuits et les gâteaux.