Les autorités allemandes sonnent le glas de la poupée Cayla, qui peut se transformer en poupée espionne

Cette poupée intelligente et connectée serait trop vulnérable face à des pirates informatiques. Un communiqué des autorités allemandes, publié vendredi, recommande aux parents de s'en débarrasser.

La poupée Mon amie Cayla, dans un magasin de Londres (Royaume-Uni), le 5 novembre 2014. 
La poupée Mon amie Cayla, dans un magasin de Londres (Royaume-Uni), le 5 novembre 2014.  (LEON NEAL / AFP)
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Sur la notice, c'est une poupée qui sait à peu près tout faire. Elle parle pour de vrai, peut tenir une conversation, et peut consoler un enfant qui pleure. Une véritable révolution dans le monde du jouet. Mais voilà, deux ans après sa commercialisation, Mon amie Cayla (c'est son nom commercial) est désormais persona non grata dans les chambres d'enfants allemands.

L'avertissement vient de la Bundesnetzagentur (article en allemand), l'agence qui supervise les télécommunications outre-Rhin. Dans un communiqué publié vendredi 17 janvier, elle recommande aux parents de se débarrasser de Cayla. Trop intelligente, la poupée serait susceptible d'être piratée, et donc de laisser échapper certaines de vos données personnelles. 

Un étudiant de l'université de Sarre a fait des tests. Stefan Hessel a raconté au site Netzpolitik (article en allemand) qu'il était facile de se connecter au système Bluetooth de la poupée, et donc d'écouter et de parler à l'enfant qui joue avec elle. 

"Inquiète pour la vie privée et la sécurité des enfants"

Ce n'est pas la première fois que Cayla fait parler d'elle. Les premières plaintes remontent à janvier 2015, quelques mois après sa sortie. Des consommateurs américains et européens avaient fait part de leurs inquiétudes. En France, l'association UFC que Choisir avait à son tour alerté sur les dangers en décembre dernier.

La Commission européenne est en train d'examiner si la poupée présumée espionne viole les garanties de protection des données. Mais la commissaire européenne à la justice, aux consommateurs et à l'égalité des sexes, Vera Jourova, s'est déjà dit "inquiète" auprès de la BBC (en anglais) de l'impact des poupées connectées "sur la vie privée et la sécurité des enfants".

Le groupe britannique Vivid Toy, qui distribue la poupée, a admis que des piratages avaient déjà eu lieu, mais ils avaient été réalisés par des spécialistes.