De la Norvège à l'Angleterre, le périple en voilier de deux "capitaines Calamité" secourus 9 fois en 7 mois

Ces plaisanciers américains sont partis de Norvège en juillet et souhaitent traverser l'Atlantique jusqu'aux Etats-Unis. Mais après de multiples déboires, ils n'ont réussi à atteindre que l'Angleterre. 

La plage de Porthmeor et le port de St Ives, en Cornouailles (Royaume-Uni), le 29 septembre 2015.
La plage de Porthmeor et le port de St Ives, en Cornouailles (Royaume-Uni), le 29 septembre 2015. (KEN GILLHAM / ROBERT HARDING HERITAGE / AFP)
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Leurs faits d'armes rocambolesques leur ont valu le surnom de "capitaines Calamité". Bob Weise et Steve Shapiro, deux septuagénaires américains, tentent depuis sept mois une traversée de la Norvège à l'Amérique du Nord à bord de leur voilier : le voyage est censé durer un an. Mais il n'est pas certain qu'ils parviennent à bon port.

Car depuis qu'ils ont largué les amarres, en juillet en Norvège, à bord de leur bateau, le Nora, les deux plaisanciers de 71 ans chacun ont dû être secourus... à neuf reprises. Bob et Steve restent néanmoins déterminés à mettre le cap sur l'Amérique. Et qu'importe s'ils ont causé quelques sueurs froides aux secouristes de Norvège, du Danemark, d'Ecosse, d'Irlande et d'Angleterre. The Telegraph a raconté leur périple et leurs péripéties, mercredi 27 janvier.

Avaries en série

Dernière avarie en date : Bob et Steve ont réussi à mettre le feu à leur bateau alors que celui-ci était à quai, au port. Ils avaient eu la mauvaise idée de laisser une bougie allumée dans l'embarcation pendant qu'ils faisaient les courses à l'épicerie de Hayle Harbour, en Cornouailles, à la pointe sud-ouest de la Grande-Bretagne. L'incendie a provoqué des dégâts considérables sur le Nora, notamment à cause des litres d'eau déversés pour éteindre l'incendie. Le navire doit donc subir de lourdes réparations, relate The Guardian.

Avant cela, Bob et Steve ont notamment appelé les secours après avoir perdu une bouée dans un port norvégien, cet été. Ils ont fait des ronds dans l'eau pour la repêcher, laissant traîner dans leur sillage le cordage de leur étai cassé. Cela a duré une heure, raconte dans The Telegraph un témoin qui a cru que les deux compères étaient ivres. Quelques semaines plus tard, lancés en mer du Nord, les deux plaisanciers ont également fait appel aux secours parce qu'ils étaient pris dans des creux de quatre mètres. Et les deux hommes n'étaient pas au bout de leurs peines : ils sont tombés en panne de batteries près d'une plateforme pétrolière danoise, où ils ont pu trouver de l'aide.

"Ils n'ont aucune idée de ce qu'ils sont en train de faire"

Ayant réussi tant bien que mal à atteindre l'Ecosse, Bob et Steve se sont échoués sur des rochers près d'Aberdeen et ont dû appeler les secours écossais pour être remorqués. Plus tard, des tempêtes les ont forcés à faire escale en Irlande à Kilmore Quay. Pendant sept semaines tout de même. Et lorsqu'ils ont finalement pu remettre cap au Sud, ils ont tenté de s'amarrer à une bouée de pêcheurs au large de St Ives, en Cornouailles, au sud-ouest de l'Angleterre. Un bateau de secours en mer britannique a donc dû venir à la rescousse. 

L'un des plaisanciers a aussi malencontreusement glissé sur le pont, ce qui a nécéssité l'intervention d'une équipe médicale. Et le moteur du Nora est également tombé en panne, l'arbre de transmission cassé. "Ils n'ont aucune idée de ce qu'ils sont en train de faire", tance Grant Lorris, un marin et secouriste, dans The Telegraph.

"Nous n'avons été que deux fois dans une situation désespérée", minimise Steve. Ce scénariste et auteur originaire de Californie assure qu'il navigue depuis ses 9 ans. "Cela n'a rien à voir avec les qualités de marin. C'est la faute de la mécanique du bateau", argue-t-il, concluant : "Nous en plaisantons, mais dire que nous sommes incompétents est exagéré."

"Nous nous amusons beaucoup. Partout où nous allons, les gens sont très accueillants. Les marins sont toujours prêts à vous aider, même s'ils pensent que vous êtes fous et que vous ne savez pas naviguer", s'enthousiasme Bob, ancien pilote d'hélicoptère de l'US Army, originaire de l'Idaho, cité par The Telegraph. "J'ai tout fait dans ma vie. J'ai fait du parachutisme. J'ai volé en hélicoptère. J'ai été au Vietnam et en Alaska. Vous savez, pour moi, c'est juste une aventure", confie-t-il. Et il ajoute en guise de conclusion :  "Un des garde-côtes nous a dit : 'Vous savez les gars, vous pourriez couler.' Je lui ai répondu : 'Vous savez, il y a des endroits pires que la mer pour mourir.'"