Historiquement comparées aux lézards et serpents, les tortues seraient issues d'une toute autre famille, rapporte une étude à paraître mercredi 16 mai. 
Historiquement comparées aux lézards et serpents, les tortues seraient issues d'une toute autre famille, rapporte une étude à paraître mercredi 16 mai.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Les apparences sont trompeuses. Contrairement à leurs faux airs de lézards, les tortues sont en fait cousines des crocodiles et des oiseaux. Avec ces espèces, elles partageaient un ancêtre commun il y a de cela quelque 200 millions d'années. L'un des derniers mystères de l'évolution des vertébrés a donc été résolu, rapporte une étude réalisée par des chercheurs de l'université de Boston, à paraître mercredi 16 mai dans la revue Biology Letters de l'Académie des sciences britannique

Une origine mystérieuse 

Historiquement comparées aux lézards et serpents en raison de leurs caractéristiques morphologiques, les tortues ont longtemps été considérées comme appartenant à la famille des lépidosaures, large groupe englobant ce type de reptiles. 

Puis, les progrès récents de l'étude moléculaire des espèces, fondée sur la génétique, avait bouleversé l'arbre généalogique des tortues. L'analyse de leur ADN les avait fait passer de la branche des lépidosaures à celle de leurs cousins archosaures, les grands-pères des dinosaures ayant vécu voici 250 millions d'années et dont sont issus tous les crocodiles et les oiseaux actuels. Enfin une récente étude génétique, fondée sur d'autres marqueurs, les avait ramenées sur la branche des lépidosaures. 

Cocktail génétique

Pour dissiper ces contradictions, une équipe de biologistes américains a utilisé une méthode inédite : 1/ Chercher des éléménts génétiques similaires présents dans toutes les espèces concernées (appelés "éléments ultra-conservés" ou UCE). 2/ Etudier l'ADN qui leur est associé. 3/ Comparer le tout pour tenter de reconstruire l'histoire de leur évolution.

Le serpent des blés, la tortue à cou caché d'Afrique, la tortue peinte, l'alligator d'Amérique, le crocodile marin et le tuatara, tous jugés familiers, à un moment donné, de cette bonne vieille tortue, ont donc subi ces tests. Pour préciser leur analyse, les chercheurs ont ajouté à ce cocktail génétique des extraits d'UCE de coq sauvage, de Diamant mandarin, un oiseau très répandu en Australie, d'une espèce de lézards appelées Anole vert et du génome humain. 

Verdict : l'analyse comparée de ces témoins génétiques de l'histoire des espèces fournit selon eux la "preuve écrasante" que les tortues sont bien issues des archosaures, à l'instar des oiseaux et des crocodiles. Comme la tortue, la science avance parfois lentement mais sûrement.