Mais quel est ce démon japonais qui ressemble tant à Jacques Chirac ?

La photo a été largement reprise sur les réseaux sociaux, jeudi. Toute ressemblance avec un ancien président de la République est fortuite, bien entendu.

Ce masque japonais, daté de la fin du XVIIIe siècle, fait partie des collections du musée Georges-Labit, à Toulouse (Haute-Garonne).
Ce masque japonais, daté de la fin du XVIIIe siècle, fait partie des collections du musée Georges-Labit, à Toulouse (Haute-Garonne). (MUSEE GEORGES LABIT)
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Ce nez, ce front, ce sourire... Il ne manquerait plus qu'il nous invite à manger des pommes. Réapparue sur les réseaux sociaux, jeudi 5 mars, cette photo intrigue les internautes. Mais d'où sort ce masque japonais qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Jacques Chirac, le président amateur de sumo ?

"Le numéro d'inventaire 59 1197 correspond. Je vous confirme que nous avons un masque similaire dans nos collections, annonce à francetv info le conservateur du musée Georges-Labit de Toulouse (Haute-Garonne), Francis Saint-Genez. J'ai vu que l'image est reparue aujourd'hui, je l'ai même partagée ce matin." Il s'agit d'un masque de théatre nô, grand d'environ 20 cm, en bois recouvert d'une couche de plâtre et teint, daté de l'époque Edô (ancien nom de Tokyo), à la fin du XVIIIe siècle.

Pour l'heure, l'œuvre est en réserve. "J'ai eu l'occasion de l'avoir entre les mains, à l'occasion d'une nouvelle sélection dans nos masques, explique Francis Saint-Genez. Nous avions justement l'intention de l'exposer à nouveau, car il est très beau, très expressif, bien conservé... et puis, un peu décalé, c'est vrai." Le conservateur est arrivé il y a seulement un an au musée, mais le masque est bien connu des employés, qui l'ont très tôt comparé à "la marionnette de Chirac aux Guignols". Il est vrai que les traits semblent un peu plus grossiers que ceux de l'ancien chef d'Etat.

Le sosie s'appelle Ôbeshimi et c'est un méchant démon

Au total, il existe plus de 130 types de masques dans le théâtre nô. Le personnage en question s'appelle Ôbeshimi, précise le conservateur du patrimoine à francetv info. "Il s'agit d'un type de démon parmi les plus maléfiques, qui se targuent de pouvoir menacer le genre humain." Ce démon du théatre nô est issu d'une forme de théâtre plus ancienne encore : le sarugaku. "Le théâtre nô, au départ, raconte des anecdotes issues du bouddhisme et du shintoïsme, résume Francis Saint-Genez, dans un sourire. Après tout, pourquoi ne pas y lire la farce d'une réincarnation ?"

Enfin, c'est bien Georges Labit lui-même qui l'a rapporté à Toulouse. Ce voyageur passionné a parcouru l'Afrique du nord, la Chine ou le Japon. Avec les nombreux objets rapportés de ses voyages, il a ouvert un musée privé en 1893, dans une villa de style néo-mauresque qui héberge encore aujourd'hui d'importantes collections. Fouillez bien. Le portrait du futur président est peut-être caché dans un coin.