Cinématographiquement, il a été à peu près accusé de tout (ici, ici ou ), mais les récentes critiques qui visent George Lucas sont d'une tout autre nature. Les riches voisins californiens du père de la saga Star Wars l'accusent de fomenter "la lutte des classes" en destinant ses terrains à des logements sociaux, apprend-on lundi 28 mai. Englué depuis des années dans une interminable guerre de voisinage, le cinéaste culte a récemment déploré que certains voisins de son Ranch Skywalker, dans le très huppé comté de Marin (au nord de San Francisco), l'aient accusé d'avoir créé un "empire du mal".

L'histoire commence en 1978, lorsque George Lucas, six Oscars en poche pour sa Guerre des étoiles, achète un terrain de 1 000 hectares dans la Lucas Valley -baptisée d'après le nom d'un fermier du XIXe siècle - pour y construire son ranch Skywalker. Au fil du temps, sa société s'étend, en prenant garde de rester discrète, à l'abri des regards et sans créer de nuisances pour le voisinage. Mais les relations commencent à se tendre quand le cinéaste planifie la construction du Grady Ranch, constitué notamment d'un plateau de tournage, d'un studio de son et d'un parking souterrain.

Ni studios, ni logements ne sont les bienvenus

Selon George Lucas, son projet d'implanter ce studio sur les terrains de son ranch aurait créé des emplois, une bonne nouvelle en cette période de crise, et n'aurait eu aucun impact significatif sur l'environnement ou la tranquillité de la région. Mais le producteur-réalisateur a fini par jeter l'éponge le mois dernier, lorsqu'il est devenu clair que le voisinage allait faire traîner le projet indéfiniment. Il a finalement décidé de confier ses terrains à des promoteurs pour y construire des logements sociaux, déclenchant de nouvelles protestations. Carolyn Lenert, responsable d'une association de résidents, a ainsi déclaré que le cinéaste voulait déclencher une "lutte des classes".

"Il est regrettable que des personnes puissent considérer le logement social comme une sorte de lutte des classes, car ces logements sont pour les pompiers, la police et les professeurs", a réagi Miles Perkins, porte-parole de Lucasfilm, la société de production de George Lucas. L'Association des propriétaires de la Lucas Valley, à la pointe de la rébellion contre le cinéaste, jure quant à elle n'avoir "aucun regret" après l'abandon du projet de Grady Ranch.

Les films en cours de production, qui devaient être tournés dans les nouveaux locaux dès 2013, devront trouver un nouveau point de chute. Miles Perkins conclut : "Nous avons plusieurs propositions pour construire un studio dans des municipalités qui ne nous considèrent pas comme 'l'empire du mal', et si nous voulons tenir notre calendrier, nous devons saisir ces opportunités."