Biscuits au chocolat, tasse à café, étagère : plus besoin de se rendre dans un magasin pour acheter ces objets. Il est désormais possible de les fabriquer avec une imprimante 3D. Bien que révolutionnaire, cet objet, qui coûte en moyenne 1 500 euros, n'est pas encore entré dans nos chaumières. Le principe nécessite de maîtriser le dessin en 3D et certaines caractéristiques mécaniques, ce qui n'est pas à la portée de tous.

En attendant, la fabrication en 3D continue de conquérir de nouveaux domaines d'application, parfois surprenants. Exemple : une entreprise américaine travaille à la conception d'une imprimante capable de fabriquer des pizzas, selon des informations de médias américains publiées mardi 21 mai.

L'occasion pour francetv info de lister dix choses qui peuvent, ou pourront, être imprimées en 3D.

1Des pizzas et des biscuits au chocolat

Les astronautes passent parfois de longs séjours loin de la Terre en se nourrissant de produits lyophilisés. L'agence spatiale américaine, la Nasa, a donc accordé une bourse à Anjan Contractor, ingénieur et patron d'une entreprise américaine, pour qu'il fabrique une imprimante à pizzas.

C'est un aliment au format idéal pour ce type d'essai : une couche de pâte, cuite pendant l'impression, une sauce tomate à base de poudre de tomate, d'eau et d'huile, et enfin une couche de protéines non précisées. Anjan Contractor espère, avec son invention, mettre un terme à la faim dans le monde.

Mais l'ambition de l'ingénieur est loin d'être atteinte : pour l'instant, il arrive tout juste à fabriquer des biscuits au chocolat en utilisant un prototype, visible dans cette vidéo.

2Des tasses à café

Les premiers appareils arrivent dans les magasins pour permettre à tout un chacun de fabriquer des objets plastiques, métalliques ou de la céramique. Et les tasses à café, mugs et autres ustensiles "DoItYourself", à fabriquer soi-même, ont la cote.

Dans la même veine, la start-up francilienne Sculpteo a été primée au Consumer Electronic Show 2013 de Las Vegas pour son application. Elle permet de personnaliser sa future coque d'iPhone depuis son mobile et de la recevoir à domicile, comme l'indiquait le 20 janvier La Tribune.fr.

3Des meubles

Fabriquer sa chambre avec douche et dressing intégrés sur mesure, en 24 heures et en dur en appuyant simplement sur le bouton d'une imprimante : c'est le pari fou d'un jeune Français devenu réalité. Là où auparavant un artisan empilait patiemment briques ou parpaings pour construire un mur, le designer François Brument a eu recours à une imprimante 3D révolutionnaire, fabriquée par une société allemande. Son innovation a été présentée mi-janvier au salon international d'ameublement Maison et Objets à Paris.

Cet habitat intègre également les équipements techniques tels que le mobilier (lits, étagères, armoires...), le chauffage, les réseaux électriques, la plomberie ou les blocs sanitaires. Son coût global n'est pour l'instant "pas chiffrable". François Brument a toutefois évoqué plusieurs dizaines de milliers d'euros.

"C'est comme une imprimante photo sauf que le jet ne projette pas d'encre mais des gouttelettes de liant qui va s'amalgamer à la matière (plastique, sable, des essais sont en cours sur le béton) par tranche de 0,1 mm d'épaisseur. Chaque pièce est réalisée en volume, différenciée et singulière. On peut penser et réaliser son projet idéal et on pourra ensuite le transformer", explique le designer.

4Des maisons

Au-delà des pièces, c'est la maison tout entière qui peut être construite en 3D. L'architecte néerlandais Janjaap Ruijssenaars souhaite construire une demeure de 1 100 mètres carrés, à l'aide d'une immense imprimante 3D fabriquée par un ingénieur italien.

Le projet "Landscape House" de l'architecte néerlandais Janjaap Ruijssenaars.
Le projet "Landscape House" de l'architecte néerlandais Janjaap Ruijssenaars. (UNIVERSE ARCHITECTURE)
En superposant au fur et à mesure de fines couches de matière (5-10 mm), la machine peut imprimer des éléments en 3D qui mesurent jusqu'à six mètres de long et six mètres de large, à partir de roche réduite en sable et d'un agglomérant. Le bâtiment pourrait être une maison ou même un musée, selon Janjaap Ruijssenaars. Dans ce cas, les éléments traditionnellement construits en béton seraient construits par l'imprimante, et assemblés avec d'autres éléments en acier et en verre. 

Un parc national brésilien a déjà manifesté son intérêt pour le projet, qui coûterait environ 4 millions d'euros, affirme l'architecte. Selon lui, la construction prendrait environ 18 mois et l'imprimante "pourrait être active pour une demi-année". Janjaap Ruijssenaars se prend même à rêver : "On pourrait emmener l'imprimante sur la Lune, l'assembler là-bas et imprimer avec des matériaux lunaires."

5Des vêtements

Pour renouveler sa garde-robe, pourquoi ne pas imprimer ses habits ? La maison de haute couture Iris van Herpen a testé le concept en janvier. Elle a imprimé 11 robes en 3D pour la dernière fashion week de Paris, selon La Tribune.fr.

6Des poupées à votre image

Imprimer son visage et le mettre sur le corps d'une poupée, c'est l'étonnant service proposé au Japon, selon le Huffington Post.com (lien en anglais) mercredi 22 mai. Pour obtenir votre double en version Barbie ou Ken, vous devez débourser 1 300 dollars (1 004 euros).

Le principe est simple : il faut s'asseoir et laisser votre visage se faire scanner. La série de photos de votre visage est réunie en un seul et même fichier, qui est ensuite imprimé en plâtre, explique le site internet américain.

Avec le même principe, une autre société nippone propose d'imprimer en 3D une mini-figurine de vous-même.

7Des prothèses

L'impression en 3D conquiert aussi le secteur de la santé, dans lequel elle pourrait s'avérer très utile. Une mâchoire artificielle en titane a par exemple déjà été modélisée, "imprimée" et implantée chez une patiente néerlandaise.

Autre exemple : les prothèses pour enfants. Souvent lourdes, elles doivent être changées régulièrement tout au long de la croissance de l'enfant. Des chercheurs ont donc conçu un exosquelette avec une imprimante 3D, léger et peu cher, comme l'explique Rue89.

De son côté, une équipe de l'université de Princeton (New Jersey, Etats-Unis) a réussi en laboratoire à réaliser des prothèses auditives, à partir de cellules souches sur un substrat synthétique produit par une imprimante 3D.

8Des bébés in utero

A nouveau au Japon, une société propose aux couples attendant un bébé de faire une reproduction 3D du fœtus de leur futur enfant, à partir des échographies.

9Des tissus vivants

Dans le même domaine, des scientifiques britanniques ont réussi à créer, avec une imprimante 3D, des matériaux synthétiques ressemblant à des tissus vivants. Ce nouveau type de matériau est formé de milliers de gouttelettes d'eau encapsulées chacune dans un film de graisse et reliées entre elles.

Ces "réseaux de gouttelettes" sont capables d'effectuer certaines fonctions des cellules du corps humain. Ils pourraient être des composantes d'une nouvelle technologie pour administrer des médicaments, et, potentiellement, remplacer des tissus endommagés de l'organisme. Entièrement synthétique, sans génome et sans capacité de réplication, ce matériau permet en outre d'éviter les problèmes rencontrés avec d'autres types de tissus artificiels, tels que ceux utilisant des cellules souches humaines, selon les auteurs de ces travaux. Leur étude a été publiée dans la revue américaine Science datée du 5 avril.

10Des armes à feu

Comme toute invention, l'imprimante 3D est capable du meilleur, comme du pire. Ainsi, en mai, le "Liberator", premier pistolet opérationnel entièrement fabriqué avec une imprimante 3D, a vu le jour à Austin (Texas, Etats-Unis) à partir des plans de Cody Wilson, un étudiant américain de 25 ans "libertaire radical et anarchiste""On fait ça pour donner le pouvoir aux gens (...), pour créer un nouvel ordre", a expliqué Cody Wilson.

Essai réussi pour le Liberator, un pistolet de calibre 380 sorti d'une imprimante 3D en mai 2013.
Essai réussi pour le Liberator, un pistolet de calibre 380 sorti d'une imprimante 3D en mai 2013. (YOUTUBE / DEFENSE DISTRIBUTED )

Pour éviter tout débordement, le gouvernement américain a finalement censuré, le 10 mai, la page contenant le guide de fabrication du "Liberator". Mais elle reste consultable sur un site de téléchargement illégal. Le guide de fabrication a été téléchargé 100 000 fois avant l'injonction du ministère, selon le magazine américain Forbes (en anglais).