Date limite de consommation : des délais beaucoup trop courts

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Présenté parElise Lucet

Diffusé le 27/05/2014Durée : 00h48

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Mis à jour le , publié le

Une étude de PUFC-Que choisir porte sur les dates limites de consommation L'association a acheté une dizaine de produits et a étudié leur évolution après cette DLC. Pour un tiers des denrées, notamment les yaourts, cette date est injustifiée et les délais beaucoup trop courts.

Sur les produits alimentaires, ces dates écrites en tout petit attirent le regard de tous les clients. Pour beaucoup de consommateurs, à partir de cette date, le produit serait périmé.

Quand je dépasse, je jette. Je fais vraiment attention.

Je consomme certains produits après la date. Dans la semaine, quoi.

Pourtant, certains aliments sont régulièrement consommables bien après la date limite indiquée sur l'emballage. C'est ce qu'a constaté cette association de consommateurs.

Ce sont les produits que nous avons testés. Les produits laitiers, les desserts, les yaourts.

L'association a vérifié la durée de vie de ces produits, et, surprise, elle a découvert que ces yaourts étaient encore bons très longtemps après la date limite. Une semaine, deux semaines, et même trois semaines après la date, la qualité microbiologique du yaourt reste bonne, et ne périme en réalité que 4 semaines après la date indiquée.

Nous avons trouvé les mêmes résultats pour ces yaourts aux fruits Pour ces desserts, c'est une semaine après la date limite.

Selon l'association, la durée de vie des yaourts est raccourcie volontairement par les producteurs.

L'intérêt de raccourcir les durées de vie sur les dates c'est de faire vendre plus. Le consommateur verra que les produits ont passé les dates limites et il va les jeter, alors qu'ils pourraient être consommés.

Comment sont fixées ces dates limites ? Hormis les produits très frais, comme les oeufs, les producteurs eux-mêmes choisissent les dates, aucune contrainte légale. Certains apposent des dates limites différentes sur un même produit en fonction du lieu de vente. A deux jours d'écart, nous avons fait les courses en caméra cachée en Guadeloupe et à Paris. Surprise : quelques produits ont des dates limites bien plus longues sur l'île qu'en métropole. Exemple avec ce beurre: l'un valable jusqu'en octobre, l'autre jusqu'en mai. La durée de vie est de 6 mois en Guadeloupe, un mois à Paris. Ce même fromage est valable jusqu'en août sur l'île, en juin en métropole Sa durée de vie passe de 4 à 2 mois selon les lieux de vente. Des dates qui n'ont plus rien à voir avec la détérioration du produit. Nous demandons des explications aux producteurs. L'un d'entre eux reconnaît des raisons commerciales.

Une date plus longue pour l'expert et pour les Dom-Tom parce qu'il y a entre 5 et 15 jours de mer.

Donc la date limite n'a rien à voir avec la péremption du produit?.

C'est la date limite d'utilisation optimale. Si un produit a 4 mois ou 9 mois, il peut y avoir des différences organoleptiques. Mais le produit est consommable.

Des produits qui, en métropole, quitteront très vite les rayons. Car la grande distribution a tendance a retirer les produits très tôt pour des raisons marketing.

Pour garantir que les produits ne seront pas périmés rapidement, on retire les produits 5 jours avant la fin de leur durée de vie. Résultat : des tonnes de produits sont donnés aux associations caritatives, ou simplement jetés, alors que beaucoup seraient sans danger pour la consommation.

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