Drôle de cru que cet E3 2012. Le plus grand salon du jeu vidéo au monde, qui réunit du mardi 5 au jeudi 7 juin les professionnels du secteur à Los Angeles (Etats-Unis), a lieu dans un contexte de transition dans l'univers des consoles de salon.

En effet, qu'il s'agisse de la Playstation 3 de Sony (sortie fin 2006), de la Xbox 360 de Microsoft (2005), ou de la Wii de Nintendo (2006), les consoles de jeu dont sont actuellement équipés les foyers commencent à dater techniquement. Les derniers appareils à avoir été commercialisés sont portables, comme la 3DS de Nintendo ou la Vita de Sony, et les éditeurs se tournent avec de plus en plus d'entousiasme vers les smartphones et tablettes, dont les ventes ont explosé l'an dernier (près de 500 millions de smartphones se sont écoulés dans le monde en 2011).

Pour aborder sereinement l'E3, qui fait traditionnellement la part belle aux consoles de salon, chaque fabriquant a choisi sa stratégie. Seul Nintendo a présenté en détail une nouvelle machine, la Wii U. Sony et Microsoft ont quant à eux voulu prouver que leurs engins actuels en avaient encore dans le ventre.

• Nintendo multiplie les écrans

Nintendo était sans aucun doute le constructeur qui était le plus attendu au tournant lors de cet événement. Il était en effet le seul à présenter une nouvelle machine. C'est que sa Wii, leader du marché avec plus de 95 millions d'exemplaires écoulés depuis sa sortie, est aussi la console de salon la plus dépassée. C'est par exemple la seule à ne pas être compatible avec la haute définition (HD), alors que trois foyers français sur quatre sont aujourd'hui équipés de télévisions HD.

Sa petite sœur, la Wii U, a donc été officiellement exposée aux journalistes présents au salon, après avoir été annoncée il y a un an. Le principe était donc déjà connu : une console de salon classique, doublée d'un périphérique mi-manette mi-tablette tactile. Ce nouvel écran ouvre de nouvelles possibilités de jeu : il peut par exemple être utilisé pour visualiser une carte, ou comme un inventaire, comme cela a été montré avec Batman Arkham City.

 

Mais la conférence tant attendue a plutôt déçu les journalistes présents : la date de sortie n'a pas été révélée, pas plus que le prix ou les spécificités techniques de la machine. Seules annonces concernant sa console de salon : des nouveaux épisodes, venus des franchises maisons bien connues (un nouveau Mario et Pimkins 3) et d'éditeurs tiers (Assassin's Creed IIIRayman Legends, ou encore Mass Effect 3), ainsi que la création d'un nouveau réseau social pour joueurs. Un peu maigre pour celui qui devait être l'animateur principal du salon.

• Microsoft veut transformer sa Xbox 360 en centre de divertissement

Lors de cet E3, le but de Microsoft était simple : puisque la firme n'allait présenter aucune nouvelle machine cette année, autant montrer que la Xbox 360 pouvait être plus qu'une simple console de jeu. Après s'être contenté du minimum syndical en faisant la promotion de nouveaux titres (dont l'impressionant Halo 4,  Gears of War : Judgement, ou encore Splinter Cell : Blacklist), Don Mattrick, le patron de la branche Xbox, s'est attaqué au volet divertissement de sa conférence.

Et c'était là que se cachait l'annonce principale de l'entreprise. Microsoft va ainsi proposer, d'ici la fin de l'année, Xbox SmartGlass, un ensemble d'applications gratuites qui permettront à tous les écrans d'un foyer d'interagir entre eux, qu'il s'agisse de smartphones, de tablettes ou d'ordinateurs. En pratique, détaille 20 Minutes.fr, il sera par exemple possible de commencer à visionner un épisode de la série "Game of Thrones" sur tablette avant de continuer la lecture sur l'écran de télévision, d'un simple glissement de doigts. La tablette se transforme alors en deuxième écran qui affiche des informations supplémentaires, comme le lieu où se déroule la scène sur une carte.

Dernier point à noter, SmartGlass devrait aussi bien être compatible avec le matériel Apple qu'avec les terminaux Android ou Microsoft.

• Pour exister, Sony mise sur ses exclusivités

Afin de se démarquer de ces deux stratégies, le japonais Sony s'est d'abord attelé à  bichonner les hardcore gamers, les joueurs passionnés pas franchement emballés par les jeux familiaux et les univers chatoyants. Pour cela, l'entreprise a commencé sa conférence en présentant plusieurs jeux réservés à sa PS3, dont deux ont marqué les esprits : Beyond : Two Souls et The Last of us.

Le premier est une production du studio français Quantic Dream, connu pour ses œuvres qui oscillent entre cinéma et jeu vidéo. L'héroïne, qui possède des pouvoirs surnaturels, est d'ailleurs interprétée par l'actrice canadienne Elle Page, aperçue dans Juno et Inception. Le second est un jeu de survie qui promet d'offrir des sueurs froides aux plus chevronnés.

Après avoir présenté de nouveaux titres pour sa console portable Vita, le constructeur nippon a également fait la démonstration d'un nouvel accessoire pour la PS3 : le Wonderbook, développé avec l'auteure de Harry Potter, J.K. Rowling. Il s'agit d'un faux livre qui utilise la technologie de la réalité augmentée pour faire apparaître des effets visuels féériques sur l'écran. Cette fois, Sony mise sur un public d'enfants et d'adolescents.

Reste à savoir si ces annonces constitueront une formule magique pour la marque, qui avait annoncé mi-avril un plan de réduction d'effectifs concernant 10 000 personnes, comme l'indiquait alors Le Monde.