Maubeuge, Dijon, Besançon... Quand des artistes fâchent certaines villes françaises

Lors d'une interview en Polynésie française mercredi, Johnny Hallyday a déclaré qu'il préférait chanter à Tahiti plutôt que dans la ville de Maubeuge (Nord). Avant lui, d'autres artistes s'étaient déjà mis à dos des villes à la suite de leurs déclarations.

Le chanteur Johnny Hallyday en concert à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, le 29 avril 2016.
Le chanteur Johnny Hallyday en concert à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, le 29 avril 2016. (FRED PAYET / AFP)
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Johnny Hallyday semble apprécier le parcours de sa dernière tournée. En concert à Papeete, en Polynésie française, le chanteur a confié préférer chanter "à Tahiti plutôt qu'à Maubeuge" (Nord). Des propos qui ont déclenché la colère des Maubeugeois et poussé le chanteur à s'excuser dans une vidéoCe n'est pas la première fois qu'une personnalité raille une ville française. Exemples.

Un concert à Maubeuge ? "C'est quand même mieux de venir chanter à Tahiti", juge Johnny Hallyday


Johnny Hallyday à Toata par 1ere-polynesie

A l'occasion d'un concert à Papeete, en Polynésie française, mercredi 4 mai, le chanteur a lâché une petite phrase sur la chaîne Polynésie 1ère qui n'a pas ravi tous ses fans : "C’est quand même mieux de venir chanter ici à Papeete, à Tahiti, qu’à Maubeuge." Devant les journalistes, le chanteur a expliqué pourquoi il aimait Tahiti : "C'est paradisiaque, c'est pas tous les jours qu'on chante dans des endroits comme ça."

Une petite phrase qui a "allumé le feu", plaisante le maire de Maubeuge. Interrogé par La Voix du Nord, Arnaud Decagny défend sa ville : "Il aurait pu dire Béthune ou une autre ville, mais il a dit Maubeuge. Et si les Maubeugeois sont très critiques, ils n’aiment pas être critiqués !" Les habitants ont eux aussi protesté, à l'image de cet utilisateur de Twitter.

Saint-Nazaire ? "Horrible", jugent Eric et Ramzy

Invités du "Petit Journal", Eric et Ramzy, qui font la promotion du film La Tour 2 contrôle infernale, ont raconté leur passage à Saint-Nazaire pour une avant-première. Qualifiée d'"horrible" et de "dégueulasse", la ville est, selon les deux humoristes, à casser et à reconstruire. "Tu rentres, tu chiales. On est arrivés de bonne humeur, et au fur et à mesure, Ramzy avait des larmes. C’est l’effet Saint-Nazaire !", a même osé Eric Judor.

Mais sur les réseaux sociaux, la blague a fait bondir les internautes nazairiens, certains parlant de "méchanceté gratuite". Même la municipalité a fini par réagir, via le compte Twitter officiel de la ville. 

Dunkerque ? "D'une tristesse !", se désole Deneuve

En mai 2015, Catherine Deneuve, elle aussi, juge sévèrement une ville qu'elle a visitée. En marge du festival de Cannes, l'actrice est interviewée par le magazine Elle. Quand la journaliste lui demande si elle aime toujours danser, Catherine Deneuve répond : "Sur le tournage de La Tête haute, à Dunkerque, je ne peux pas me vanter d’avoir écumé les boîtes de nuit. Ça m’a semblé d’une tristesse, cette ville ! C’est un port, certes, mais ce qui marche vraiment, ce sont les cigarettes et l’alcool."

La Voix du Nord publie alors sa réponse, décrivant l'actrice lors de son passage comme "une star en province, distante avec le public qui voulait l'approcher, muette face à la presse locale".

Egalement déçu, Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque, se demande dans un communiqué si l'actrice a "seulement posé ses yeux sur [la] longue et belle plage de sable fin", dénonçant le jugement bien trop hâtif de l'actrice. "Comment, surtout, peut-elle porter un tel jugement, après n'avoir passé que quelques heures dans notre cité, entre deux allers et retours entre le palais de justice et son hôtel ?" Un maire soutenu sur les réseaux sociaux, où des internautes appellent même au boycott du film.

Douai ? "Pas glamour", selon Béatrice Dalle

Quelques semaines avant Catherine Deneuve, c'est la comédienne Béatrice Dalle qui s'en prend à une autre commune du Nord : Douai. Dans une interview en mars 2015, elle ne manque pas de tacler la ville où elle se trouve pour une pièce, Lucrèce Borgia. "J'ai un peu hâte de me barrer de Douai, je ne vous le cache pas, avoue-t-elle au journaliste. On se tape des villes pas glamour, quand même…" Avant d'ajouter : "Le public le moins cool de toute la tournée, c'est ici. (...) Des fois, on se demande si on les emmerde."

"Le public était debout, réagit Amandine Haegelin, responsable de la communication de la salle qui a accueilli la pièce, à La Voix du Nord. C’est très étonnant. J’ai trouvé que Béatrice Dalle était une personne élégante, agréable et courtoise. Tout s’est bien passé, alors j’ai du mal à comprendre." L'actrice finit par s'excuser, affirmant qu'elle avait fait preuve de second degré lors de l'interview.

Montbéliard ? Une ville de "gens moches", lâche Jamel

Lors d'une représentation de son spectacle Tout sur Jamel, diffusée à la télévision en 2012, l'humoriste déclare : "Ils sont moches les gens à Montbéliard. Là, ils me regardent en direct. Quand j’y ai été, je me suis dit : 'Le nuage de Fukushima, il s’est arrêté au centre-ville. Il s’est passé quoi là-bas ?'" 

Si à Paris, on rigole, du côté du Doubs, "l’affaire agace, grattouille, irrite", d'après L'Est Républicain. Le quotidien régional précise que, lors de son passage dans la ville, l'humoriste avait déjà critiqué la ville. "Mais dire à Paris, devant des milliers de spectateurs scotchés à l’écran de télé, que les gens de Montbéliard sont moches comme des poux, là, ça énerve carrément les Trissus [le surnom des Montbéliardais]", poursuit le quotidien. Même le ministre de l'Economie d'alors, le Doubiste Pierre Moscovici, s'en mêle : "C'est toujours désagréable de se voir traité à la face des Français d'être laid avec des paroles qui pouvaient être un peu blessantes pour des gens qui les prennent au premier degré."

Mea culpa de l'humoriste quelques jours plus tard sur sa page Facebook : "Toutes mes excuses à Montbéliard, vous n'êtes pas moches, je change de nom de ville chaque soir !"

Besançon ? "Les gens qui y survivent ont tout mon respect", lance Poelvoorde

Le comédien belge Benoît Poelvoorde, lui, ne s'est pas fait que des amis à Besançon (Doubs). "Je crois que c'est là que je me suis le plus ennuyé de ma vie et donc que j'ai le plus bu !, lâche-t-il en juillet 2013 dans une interview. Les gens qui survivent à Besançon ont tout mon respect ! On ne peut y tourner que des films sur la fin du monde ou les tueurs en série ! Non, je rigole, hein ! Ils sont très bien à Besançon…"

"J'ai le plus grand respect pour ce comédien, mais je trouve que les artistes ont une fâcheuse tendance à déraper, à ne pas suffisamment réfléchir aux conséquences de leurs paroles...", s'indigne aussitôt le maire de la ville, Jean-Louis Fousseret, dans l'Est républicain.

"Je pense qu'il aurait dû venir me voir lors de son passage ici, j'aurais été son guide et je suis sûr qu'il aurait retenu autre chose de notre ville. Il devrait se calmer un peu sur l'absinthe", poursuit l'édile. 

Charleville-Mézières ? Y traîner des élèves, "c'est de la maltraitance", lance une prof dans "Plus belle la vie"

Lors d'un épisode diffusé en février 2015 sur France 3, une professeur de la série Plus belle la vie annonce à sa collègue que son voyage de classe à Charleville-Mézières (Ardennes) est annulé. "Ce sont tes élèves qui vont être contents. Les traîner à Charleville-Mézières en plein hiver, c’est de la maltraitance !", lui répond alors son amie. 

Une remarque qui passe mal pour le maire de la ville, Boris Ravignon. "Cette dernière réplique m’a plongé dans un abîme de perplexité. J’ai d’abord pensé que, ce feuilleton prenant pour décor principal la ville de Marseille, il s’agissait d’une aimable galéjade, d’un ironique mais amical clin d’œil. Et puis, après quelques rapides recherches, j’ai constaté que les scénaristes de Plus belle la vie étaient coutumiers du fait."  Pour se faire pardonner, la série diffuse finalement un épisode pendant lequel deux de ses personnages évoquent leur jeunesse heureuse, passée dans la ville des Ardennes.

Dijon ? "Quand on dort à Dijon, on se réveille à Dijon", tacle Jean-Pierre Foucault

En décembre 2013, interrogé sur le plateau de "Salut les Terriens !" sur Canal+, Jean-Pierre Foucault provoque la colère des Dijonnais. Interrogé sur la ville où se déroule l'élection de Miss France cette année, l'animateur lance : "Si j'étais désagréable, je dirais que je ne dors pas à Dijon, car quand on dort à Dijon, on se réveille à Dijon."

Ses propos déclenchent  immédiatement la polémique. Dans le quotidien local Le Bien public, un habitant demande à l'animateur de s'excuser : "Qui êtes-vous, pour critiquer cette ville où vous ne passerez que quelques heures tout au plus, sans même la découvrir?" Une page Facebook est même créée "pour que Jean-Pierre Foucault soit enduit de moutarde et fessé..."

Certains élus locaux s'en mêlent, comme David Lanaud, candidat à la mairie de Dijon : "Jean-Pierre Foucault, si tu n'aimes pas Dijon et qu'y dormir et t'y réveiller est si horrible pour toi, ne viens pas !" rapporte Le Bien public. Le vice-président du conseil général l'invite même à dormir dans l'hôtel de son choix "pour qu'il change d'avis sur la ville", note L'Obs.