Bolloré ne veut plus voir Canal+ perdre de l'argent

Pour endiguer des pertes de 264 millions d'euros en 2015, la chaîne cryptée va se rapprocher de son concurrent BeIN Sports pour acquérir les droits de transmission des événements sportifs.

Le PDG de Vivendi, Vincent Bolloré, le 3 février 2016 à Paris.
Le PDG de Vivendi, Vincent Bolloré, le 3 février 2016 à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

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Vivendi n'a "pas les moyens de supporter indéfiniment les pertes des chaînes Canal+ en France". L'avertissement de Vincent Bolloré, PDG du groupe du même nom (qui possède Canal+), est clair : la chaîne cryptée va devoir redresser ses comptes et stopper ses pertes.

"Les six chaînes Canal+ perdent de l'argent en France depuis quatre ans", explique Vivendi, propriétaire de Canal+, dans un communiqué publié à l'occasion de ses résultats annuels, jeudi 18 février. Ces chaînes perdent des abonnés "depuis 2012" et ont enregistré une perte opérationnelle de 264 millions d'euros en 2015, "soit 76 millions d'euros de plus qu'en 2014", précise le groupe.

Une chute du nombre d'abonnements

Fin 2015, Canal+ ne comptait plus que 5,7 millions d'abonnés, soit 300 000 de moins en douze mois, écrit Le Figaro. Selon Vivendi, ces pertes s'expliquent par l'augmentation des prix des droits de diffusion liée à "l'arrivée de nouveaux entrants nationaux et internationaux dans le sport et la fiction". Une situation qui "menace l'ensemble du Groupe Canal+", prévient Vivendi.

Le modèle de la chaîne est mis à rude épreuve avec l'installation sur le marché d'acteurs tels que BeIN Sports ou Netflix, qui la concurrencent dans ses deux secteurs de prédilection : le sport et la fiction.

Un rapprochement avec BeIN Sports 

Pour tenter d'endiguer les pertes, Vivendi a confirmé que Canal+ allait justement se rapprocher de son concurrent, BeIN Sports, afin de "conclure un accord de distribution exclusive". Cela permettrait à la chaîne qatarie "de bénéficier de la force de la distribution de Canal+ et à l'ensemble des clients des deux sociétés de disposer d'une offre complète". Alliées, les deux chaînes pourraient aussi y trouver leur compte en évitant la surenchère au moment d'acquérir les droits télé des transmissions d'événements sportifs, très onéreux, notamment dans le football.

En parallèle, le groupe de Vincent Bolloré compte mettre en œuvre "un plan de transformation", dont les détails restent à préciser. Objectif affiché pour les chaînes Canal+ en France : "l'équilibre en 2018 et un niveau de rentabilité comparable à celui des meilleurs acteurs européens du secteur à moyen terme".