Ray Bradbury, l'auteur de Fahrenheit 451 et des Chroniques martiennes, est mort mercredi 6 juin, annoncent l'agence Associated Press et le site spécialisé en science-fiction io9, citant la famille de l'écrivain et son biographe, Sam Weller. Il est mort "paisiblement (...) des suites d'une longue maladie", a déclaré un porte-parole de sa maison d'édition, HarperCollins.

"Il a influencé tant d'artistes, d'écrivains, d'enseignants, de scientifiques, a témoigné sur io9 son petit-fils, Danny Karapetian. Je suis impatient d'entendre tous les hommages qui vont lui être rendus." 

Un auteur incontournable

"Ray Bradbury a rendu la science-fiction populaire", a écrit le New York Times, qui le compare à Isaac Asimov, Arthur C. Clarke, Robert A. Heinlein ou encore à l'auteur polonais Stanislaw Lem. Ses livres se sont vendus à plus de 8 millions d'exemplaires dans le monde et ont été traduits en 32 langues. 

Fils d'une mère immigrante suédoise et d'un père technicien de ligne à haute tension, Ray Bradbury est né le 22 août 1920 dans l'Illinois. Il a écrit ses Chroniques martiennes en 1950, L'Homme illustré, recueil de nouvelles, en 1951 et surtout Fahrenheit 451 en 1953, devenant un auteur incontournable de la science-fiction. Ce roman culte a été adapté au cinéma par François Truffaut en 1966. 

Son dernier texte, un hommage à son grand-père et à l'enfance, a été publié le 4 juin par l'hebdomadaire américain The New Yorker (lien en anglais). En 2007, Ray Bradbury avait ainsi été récompensé par une mention spéciale du jury du Prix Pulitzer pour l'ensemble de son œuvre. 

Méfiant vis à vis de la science et amoureux de fiction

"Dans la science-fiction, on rêve", avait dit Bradbury au New York Times"Dans le but de coloniser l'espace, de remodeler nos villes (...), de résoudre tout un nombre de problèmes, nous devons imaginer l'avenir, y compris les nouvelles technologies dont nous avons besoin." Mais il n'était pas qu'un poète du futur :  "la science-fiction, c'est aussi un bon moyen de prétendre écrire sur le futur alors qu'en réalité on attaque le passé récent et le présent."

"Il a été le premier écrivain à représenter la science et la technologie à la fois comme une bénédiction et une abomination", a rappelé le New York Times. Amoureux des livres et des bibliothèques (l'action de Fahrenheit 451 se déroule dans une société futuriste et apocalyptique dans laquelle tous les livres sont brûlés) et inquiet de la survie spirituelle de l'humanité face au matérialisme de la société, il s'était par ailleurs lancé dans une croisade contre internet, qu'il accuse, "comme la télévision", d'abrutir les masses, avait rapporté le site spécialisé Numerama. Ce qui ne l'empêchait pas d'être idolâtré par nombre d'internautes, lesquels multiplient les hommages sur Twitter.