Thom Yorke claque la porte. Le chanteur de Radiohead a décidé de retirer plusieurs de ses albums de la bibliothèque de Spotify, dimanche 14 juillet, pour protester contre la manière dont la plateforme rémunère les artistes. Le service de streaming musical s’est défendu dans un communiqué. Retour sur les arguments des uns et des autres.

Thom Yorke veut parler au nom des petits artistes

Le chanteur a retiré son album solo The Eraser et celui de son autre groupe Atoms for Peace, Amok, mis à disposition sur Spotify. Son producteur et acolyte, Nigel Godrich, l’a annoncé sur Twitter en des termes limpides : "Nous quittons Spotify… On ne peut plus continuer comme ça…"

"La raison, c’est que les artistes sont payés que dalle avec ce modèle. C’est juste une équation qui ne fonctionne pas", poursuit-il dans un autre tweet. Il regrette que "les petits labels et les nouveaux artistes" ne puissent pas s’en sortir.

Et Thom Yorke de surenchérir sur le réseau social : "Ne vous y trompez pas : les nouveaux artistes que vous découvrez sur Spotify ne seront pas payés. Pendant ce temps, les actionnaires, eux, seront bientôt pleins aux as." 

Le chanteur est un habitué des actions subversives. En 2007, avec son groupe Radiohead, ils font un pied de nez aux majors en proposant le téléchargement de leur album In Rainbows à prix libre sur internet.

Spotify affirme "investir dans de nouveaux talents"

La plateforme musicale n’a pas tardé à répondre à ces critiques dans un communiqué (en anglais). "L'objectif de Spotify est de développer un service que les gens aiment, pour lequel ils vont payer, et qui fournira le support financier nécessaire pour investir dans de nouveaux talents", écrit l'entreprise.

Puis elle insiste sur la distribution des revenus qu’elle génère : "Nous avons déjà payé 500 millions de dollars aux ayants droit, et ce chiffre atteindra un milliard d’ici la fin 2013."  D'après le site Presse-citron, une écoute sur Spotify rapporte en moyenne 0,003 euro à l'artiste.