L'écrivain d'origine russe Andreï Makine a été élu à l'Académie française

Il a remporté le prix Goncourt et le prix Médicis, en 1995, pour Le Testament français.

L'écrivain Andreï Makine lors d'une rencontre avec les lecteurs d'une librairie française à Bucarest (Roumanie), le 23 novembre 2013.
L'écrivain Andreï Makine lors d'une rencontre avec les lecteurs d'une librairie française à Bucarest (Roumanie), le 23 novembre 2013. (DANIEL MIHAILESCU / AFP)

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Un nouveau venu dans le monde des "immortels". L'écrivain d'origine russe Andreï Makine, lauréat des prix Goncourt, Médicis et Goncourt des lycéens en 1995 pour Le Testament français, a été élu à l'Académie française, jeudi 3 mars, dès le premier tour. Il occupera le siège laissé vacant par Assia Djebar, morte un an plus tôt. Agé de 58 ans, il sera le plus jeune pensionnaire de l'Académie.

Né à Krasnoïarsk, en Sibérie, Andreï Makine est bilingue depuis l'enfance, grâce à une grand-mère française. Son premier roman, La Fille d'un héros de l'Union soviétique, est paru en 1990 et a marqué le point de départ d'une œuvre littéraire écrite en français. Quatre de ses seize livres ont été écrits sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde.

Devenu français après son Goncourt

Dans Le Testament français, son plus grand succès, il raconte l'histoire d'un enfant de Sibérie à qui la grand-mère, Charlotte, raconte ses souvenirs de Paris et de la France, où elle a grandi. Ce roman d'inspiration autobiographique dresse en filigrane un tableau de la Sibérie soviétique.

Installé à Paris, l'écrivain a obtenu la nationalité française à la suite de l'obtention de son prix Goncourt, rappelle Culturebox. Depuis, il a reçu, en 2005, le prix de la fondation Prince Pierre de Monaco pour l'ensemble de son œuvre et, en 2014, le prix mondial de la fondation Simone et Cino del Duca-Institut de France, deux récompenses souvent considérées comme des sésames pour entrer sous la Coupole.

Aucune voix pour le candidat de 15 ans

Jeudi, Andreï Makine a reçu quinze voix sur vingt-six votants. Il y a eu trois bulletins blancs et six bulletins marqués d'une croix, signe d'une opposition. Deux voix sont allées à Arnaud-Aaron Upinsky, un écrivain proche des milieux catholiques traditionalistes. Enzo Valentin Ogier, un lycéen breton qui avait postulé pour succéder à Assia Djebar, n'a, lui, reçu aucune voix.