VIDEOS. Quatre fois où Jean-Pierre Coffe n'y est pas allé avec le dos de la cuillère

Connu pour sa gouaille, le célèbre chroniqueur gastronomique est mort à l'âge de 78 ans. Retour sur sa longue carrière en images.

Jean-Pierre Coffe sur le plateau de "Vivement dimanche", l'émission dominicale de France 2, le 4 février 2015.
Jean-Pierre Coffe sur le plateau de "Vivement dimanche", l'émission dominicale de France 2, le 4 février 2015. (MAXPPP)

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Pendant trente ans, il a imposé son personnage truculent sur le petit écran et dans les postes de radio. Son tonitruent "C'est de la merde !" ne résonnera plus sur les ondes : le chroniqueur gastronomique Jean-Pierre Coffe est mort, a-t-on appris mardi 29 mars. Connu pour sa gouaille, il s'est souvent fait remarquer pour sa repartie à l'écran.

"Connasse, c'était fermé l'année dernière !"

C'est dans les années 1970 que Jean-Pierre Coffe se lance dans la restauration, avec deux établissements à Paris, Le Modeste et La Ciboulette. Ce dernier était "un taudis d'une laideur inouïe, où il se passait pourtant quelque chose de magique", explique-t-il, cité par L'Express. "Mon ami Jean Poiret est venu y dîner dès le premier soir avec une partie de la troupe de 'La Cage aux folles' et tout le show-biz suivit : Toscan du Plantier, Girardot, Polanski, Signoret..."

Cette carrière ne l'empêche pas de se moquer de "la clientèle du tout-Paris", dont il raille les habitudes dans une interview télévisée de l'époque. "L'autre jour, il y a une bonne femme qui me dit en minaudant 'Oh, je suis déjà venu manger chez vous, c'est absolument excellent'", raconte-t-il, avant de révéler la suite de leur dialogue :

"– Ecoutez madame, vous n'êtes jamais venue chez moi.
– Mais si, je suis déjà venue. C'est absolument excellent.
– Vous êtes venue quand ?
– Je suis venue l'année dernière.
– Connasse ! C'était fermé, l'année dernière : j'ai ouvert le 17 février !"

"C'est de la merde !"

Peu de médias ont échappé à ses coups de gueule poussés pendant une trentaine d'années à la télévision et à la radio. Sur le petit écran, il fait ses armes sur Canal+ en 1984, avant de devenir l'inoubliable chroniqueur de "La Grande Famille", l'émission de la mi-journée de la chaîne cryptée.

Aux côtés de Jean-Luc Delarue, il joue son rôle de pourfendeur de la malbouffe en popularisant son célèbre "C'est de la merde !" L'occassion de disserter aussi sur la qualité des fraises, l'effet des asperges sur l'odeur de l'urine ou de caresser des porcs noirs.

"C'est une cuvette de chiottes de gare !"

Sur les plateaux, il passe pour un bon client, jamais avare d'un bon mot et surtout d'un coup de griffe contre des personnalités. L'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati n'y a pas échappé. Dans "On n'est pas couché", en 2013, Jean-Pierre Coffe est revenu sur sa participation à l'émission "Vivement dimanche" de Michel Drucker, dans laquelle il préparait des plats pour les invités. Il décrit la ministre dans des termes peu amènes...

Même ses anciens patrons en prennent pour leur grade. Jean-Luc Delarue ? "C'est une cuvette de chiottes de gare, décrit-il dans "C à vous" en 2015. Il a quand même été dénoncer à une assurance que j'étais devenu complètement gâteux et que je n'avais plus de mémoire, que je ne pouvais plus tourner du tout et que j'étais impotent." Michel Denisot ? "C'est lui qui m'a tout appris,je n'aurais jamais fait de télé sans lui, reconnaît-il. Il n'est pas l'homme le plus avenant, le plus chaleureux vis-à-vis de ses invités. Il est surtout concentré sur lui-même et c'est ça qui lui fait plaisir."

"Si les gens ne veulent pas me comprendre, je les emmerde"

Convaincu que l'on pouvait bien manger pour pas cher, Jean-Pierre Coffe appelait les consommateurs à "changer leurs habitudes alimentaires", à privilégier les produits de saison, à renouer avec le plaisir de cuisiner, etc. "Je suis tout seul contre des groupes alimentaires qui n'arrêtent pas de me mettre des bâtons dans les roues", se plaignait-il en 2005.

Cela ne l'a pas empêché d'enchaîner les publicités pour les marques, en bon homme-sandwich. Après une mission pour Carrefour dans les années 2000, il a vanté les mérites des yaourts Weight Watchers. Et surtout, en 2009, il a mis son image au service de la chaîne de hard discount Leader Price.

Une collaboration qu'il a toujours assumé, assurant par exemple dans La Nouvelle République avoir mené un combat avec l'entreprise "contre les colorants, les conservateurs ou les arômes" : "Je pense sincèrement que j'ai contribué à l'amélioration de leurs produits. (...) Si les gens ne veulent pas me comprendre, je les emmerde."