La polémique sur le faux palmarès du festival de la BD d’Angoulême en trois actes

Richard Gaitet, comédien et animateur de la soirée, a commencé la cérémonie par un canular, annonçant un faux palmarès des gagnants. Une blague qui n'a pas fait rire tout le monde. 

L'équipe de "Cher Pays de notre enfance" reçoit le Fauve "Prix du public Cultura" lors de la cérémonie de remise des prix du festival de la BD d'Angoulême, samedi 30 janvier 2016.
L'équipe de "Cher Pays de notre enfance" reçoit le Fauve "Prix du public Cultura" lors de la cérémonie de remise des prix du festival de la BD d'Angoulême, samedi 30 janvier 2016. (GEORGES GOBET / AFP)

Mis à jour le , publié le

Après la polémique sur le sexisme de la sélection, un deuxième couac vient contrarier les artistes du festival de la bande dessinée d'Angoulême. Lors de la cérémonie de remise des Fauves, samedi 30 janvier au soir, l'animateur de la soirée, Richard Gaitet, a en effet annoncé un faux palmarès. Une blague qui est très mal passée auprès des artistes. Francetv info vous résume cette nouvelle polémique en trois actes.

Un faux palmarès annoncé

A peine entré sur scène et vêtu d'un costume à la Fantasio, Richard Gaitet, comédien et animateur de la soirée, annonce sur un ton visiblement décalé le palmarès des heureux gagnants. "Le Fauve de la catégorie 'Patrimoine' est attribué… à ce lion facétieux qui s’amuse à embêter les deux héros de Père et fils, recueil de strips muets des années 30 de l’Allemand E. O. Plauen alias Erich Ohser, aux éditions Warum", débute alors l'animateur. Olivier Schrauwen, auteur d'Arsène Schrauwen, remporte à son tour le Fauve d'or, Inspecteur Kurokochi est annoncé meilleur polar, le prix de la meilleure série revient à Saga, chez Urban Comics.

Sur les réseaux sociaux, les messages de félicitations s'enchaînent, dans la salle, ce sont des pleurs de joie. Réjouissance de courte durée pourtant. Après avoir annoncé le Fauve d'or, le maître de cérémonie révèle qu'il s'agit d'une blague et que la véritable cérémonie de remise des prix va démarrer, comme le constate cet auteur de bande dessinée sur Twitter.

Les artistes indignés

La blague n'a pas fait rire tout le monde. Pour Benoît Peeters, écrivain et éditeur, c'est un "carton rouge pour la remise des prix ! La cérémonie était affligeante et consternante avec cette fausse remise des prix, qui reste l'idée la plus sotte dans l'histoire du festival, a-t-il déclaré au FigaroIl faut savoir qu'avec les réseaux sociaux, les nouvelles se répandent très vite. Des auteurs et des éditeurs ont été félicités pour un trophée qu'ils n'avaient en réalité pas reçu. C'est le cas du dessinateur Adrian Tomine, qui a été prévenu aux Etats-Unis pour savoir sa réaction et qu'on a ensuite rappelé pour lui dire que c'était en réalité une blague", raconte l'éditeur.

L'éditeur Sam Souibgui a également exprimé, sur Twitter, son indignation après la blague de Richard Gaitet.

Les excuses de l'auteur du canular

Richard Gaitet a décidé de s'excuser dans une lettre envoyée au Monde. "J’ai songé – à tort – qu’il pouvait être amusant, absurde, enfantin, d’imaginer en ouverture un canular, qui bouscule l’exercice d’une remise de prix. En démarrant donc par un faux palmarès. En récompensant, puisque les statuettes ont le nom et la forme de “fauves”, des tigres, des pumas, des chats, piochés dans les albums de la sélection officielle", a-t-il écrit.

Le comédien et animateur sur Radio Nova décrit une "plaisanterie de môme", un texte "truffé d'idioties". Il assure également ne jamais avoir voulu se moquer des auteurs et des éditeurs. "Ceux qui connaissent mon travail sur Radio Nova savent le cœur que je mets à défendre la littérature en général et la bande dessinée en particulier", se justifie-t-il.