Le Kâma-Sûtra sous tous les angles à la Pinacothèque de Paris

Pour le première fois, une exposition est consacrée au plus célèbre des livres indiens : le Kâma-Sûtra. Montée par la Pinacothèque de Paris, elle ne se contente pas de revenir sur le fameux répertoire de positions sexuelles mais propose une vision d'ensemble de cet ouvrage de réflexion sur le plaisir et l'amour, qui date du IVème siècle.

(Vue d'un temple de Khajuraho, en Inde, célèbre pour ses bas-reliefs consacrés au Kâma-Sûtra © Rauchensteiner/Augenklick/DPA/MAXPPP)
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Grégoire LecalotRadio France

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Souvent regardé, jamais exposé. C'est une première que propose la Pinacothèque de Paris avec cette exposition sur le Kâma-Sûtra, véritable monument, à la fois philosophique et sensuel, venu de l'Inde du IVème siècle. En 300 oeuvres, elle propose une vision complète des sept livres qui le composent. Un seul est consacré aux positions sexuelles et c'est à lui qu'est souvent résumée toute l'oeuvre.

"C'est un livre sur l'art de vivre une grande vie " (Alka Pande, commissaire de l'exposition)

Les autres nous parlent de "Méditations, de "compatibilité sexuelle", de "La conduite de l'épouse" à "Séduire la femme des autres". Loin de se résumer à un manuel de sexe, le Kâma-Sûtra est un voyage dans l'amour et la relation à l'être aimé : "C'est un livre sur l'art de vivre une grande vie ", s'enthousiasme Alka Pande, commissaire de l'exposition. "C'est un livre sur les parfums, la nourriture, le  maquillage, la musique, la danse. C'est un des plus beaux textes sur l'esthétique de la vie, un texte profane, pas religieux. "

"Sept livres qui parlent de la vie" : Marc Restellini, président de la Pinacothèque de Paris, évoque sur France Info son exposition consacrée au Kâma-Sûtra.
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Le Kâma-Sûtra est une découverte relativement récente, malgré son grand âge. Il n'a été traduit en anglais pour le grand public qu'en 1963 et en hindi l'année suivante. Une toute première traduction a toutefois été commandée par Sir Richard Burton, l'aventurier britannique à la célèbre barbe en pointe, en 1883, mais elle n'a été que très partiellement diffusée et c'est surtout le côté sulfureux de l'ouvrage qui a transpiré.

"Le dieu chrétien est amour. Le dieu indien fait l'amour ", Marc Restellini

De nombreux objets exposés appartiennent à un couple de collectionneurs français, Beroze et Michel Sabatier et sont montrés au public pour la première fois. D'autres proviennent de musées et de collections à travers le monde. Bas-reliefs en bois ou en pierre du Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde, miniatures de Jodhpur, de Jaïpur ou Sirohi : à travers un voyage sur les routes et dans les époques de l'art érotique indien, les oeuvres exposées dessinent des couples enlacés, les amours de Shiva et bien entendu, le fameux tableau des "Quatre-vingt quatre Asana", ou positions : "Le dieu chrétien est amour, le dieu indien fait l'amour. Plus le dieu est un bon amant,  meilleur dieu il est ", résume Marc Restellini, le président de la Pinacothèque. L'exposition se tient jusqu'au 11janvier.