Le sacre de DiCaprio, la razzia de "Mad Max" et le plaidoyer de Chris Rock : ce qu'il faut retenir des Oscars 2016

La 88e cérémonie des Oscars a été marquée par la polémique sur le manque de diversité à Hollywood.

Emmanuel Lubezki, Leonardo DiCaprio et Alejandro Gonzalez Iñarritu oscarisés le 28 février 2016 à la 88e cérémonie des Oscars.
Emmanuel Lubezki, Leonardo DiCaprio et Alejandro Gonzalez Iñarritu oscarisés le 28 février 2016 à la 88e cérémonie des Oscars. (MARK RALSTON / AFP)
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La grand-messe du cinéma américain a tenu ses promesses et même un peu plus. Francetv info vous résume cette 88e cérémonie des Oscars, dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 février, à Los Angeles (Etats-Unis).

Leonardo DiCaprio tient enfin son Oscar

Leonardo DiCaprio est au faîte de la gloire. Après (déjà) trente ans de carrière, le roi Leo a enfin reçu son premier Oscar du meilleur acteur. La star est sacrée pour son interprétation d'un trappeur en quête de vengeance dans The Revenant. Plus de vingt ans après sa première nomination, l'acteur de 41 ans partait grand favori. Il a reçu une ovation et a profité de son prix pour appeler à protéger la planète, l'un de ses grands combats.

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Iñarritu entre dans la légende hollywoodienne

The Revenant vaut aussi au cinéaste Alejandro Gonzalez Iñarritu l'Oscar du meilleur réalisateur. Le Mexicain avait déjà été sacré l'an dernier pour Birdman. Il devient ainsi le troisième réalisateur de l'histoire à gagner deux fois de suite ce prix, après John Ford (en 1941 et 1942) et Joseph L. Mankiewicz (en 1950 et 1951). "Je ne peux pas y croire", a-t-il lancé en recevant sa statuette. 

Alejandro Gonzalez Iñarritu, Oscar du meilleur réalisateur avec "The Revenant", le 28 février 2016 à la 88e cérémonie des Oscars à Hollywood.
Alejandro Gonzalez Iñarritu, Oscar du meilleur réalisateur avec "The Revenant", le 28 février 2016 à la 88e cérémonie des Oscars à Hollywood. (FREDERIC J. BROWN / AFP)

Preuve de la montée en puissance des Mexicains au firmament d'Hollywood, Emmanuel Lubezki est quant à lui le premier directeur de la photographie à enchaîner trois Oscars avec Birdman, Gravity et The Revenant.

"Spotlight" crée la surprise 

L'outsider Spotlight a fait mentir les pronostics. Le film de Tom McCarthy a ainsi remporté l'Oscar du meilleur film (et comme prévu, celui du meilleur scénario original). Ce long-métrage quasi documentaire raconte comment des journalistes américains du Boston Globe ont enquêté et révélé le scandale des prêtres pédophiles au sein de l'Eglise catholique. En recevant leur prestigieuse statuette, les producteurs ont d'ailleurs rendu hommage aux victimes de ces abus sexuels et dit espérer que leur film aide le Vatican à agir.

Les scénaristes Josh Singer et Tom McCarthy, Oscar du meilleur scénario original, le 28 février 2016, à Hollywood (Etats-Unis) lors de la 88e cérémonie des Oscars.
Les scénaristes Josh Singer et Tom McCarthy, Oscar du meilleur scénario original, le 28 février 2016, à Hollywood (Etats-Unis) lors de la 88e cérémonie des Oscars. (KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

"Mad Max" fait le plein

Pour sa résurrection, trente ans après le premier épisode de la saga déjantée, le quatrième opus de Mad Max (intitulé Fury Road) a obtenu pas moins de six récompenses techniques : meilleurs costumes, meilleurs décors, meilleurs maquillage et coiffure, meilleur montage, meilleur montage son et meilleur mixage son. Mais à 71 ans, le réalisateur George Miller n'a pas obtenu de statuette en tant que réalisateur puisque c'est le travail d'Alejandro Iñarritu que l'Académie a décidé de primer. Le cinéaste australien n'en a toutefois pas fini avec les honneurs : en mai, il présidera le prochain festival de Cannes.

Chris Rock allume Hollywood

Le fil rouge de cette 88e édition a été la virulente polémique sur le manque de diversité à Hollywoood. Car les 20 acteurs finalistes étaient tous blancs. Le maître de cérémonie, l'humoriste Chris Rock, n'a pas mâché ses mots et multiplié les sketches au vitriol. Le comique a notamment ironisé : "Si l'Académie nommait les présentateurs, je n'aurais même pas ce travail."

"Est-ce que Hollywood est raciste ? Oui, absolument, mais c'est un racisme auquel vous vous êtes habitués", a lancé le roi du stand-up. "Il ne s'agit pas de boycotter", a poursuivi Chris Rock en notant les absences de Spike Lee et d'autres stars afro-américaines. Puis il a suggéré de dédier la cérémonie aux Noirs "tués par des policiers alors qu'ils faisaient la queue pour aller au cinéma""Nous voulons juste avoir les mêmes chances que les acteurs blancs", a-t-il insisté.

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Stallone est battu par KO… entre autres

Les fans de Sylvester Stallone espéraient un Oscar du meilleur second rôle masculin pour leur champion, de retour pour la septième fois dans la peau de Rocky Balboa dans Creed. Mais "Sly" a été évincé par le Britannique Mark Rylance, agent russe dans Le Pont des espions de Steven Spielberg.

Brie Larson, bouleversante mère captive dans Room, et Alicia Vikander, épouse-courage de la pionnière des transgenres Lili Elbe dans The Danish Girl, sont elles aussi reparties avec respectivement un prix de la meilleure actrice et de la meilleure actrice dans un second rôle.

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Ennio Morricone, 87 ans, a également eu droit à une longue ovation : le compositeur italien a reçu l'Oscar de la meilleure musique originale pour Les Huit Salopards de Quentin Tarantino. Sa première statuette après cinq nominations infructueuses et un Oscar d'honneur en 2007. 

Parmi les autres faits marquants de la soirée, Disney a empoché un quatrième Oscar d'affilée pour Vice Versa, son chef-d'œuvre d'animation sur les émotions qui se bousculent dans la tête d'une petite fille. Quant aux espoirs d'Oscars de la France, ils reposaient sur Mustang, ode à la liberté sur cinq jeunes filles d'un village de Turquie. Mais le film de Deniz Gamze Ergüven, qui a triomphé aux César, s'est heurté au magnifique et crépusculaire Fils de Saul, du Hongrois Laszlo Nemes, sur les juifs forcés de travailler dans les chambres à gaz.