Le cinéaste italien Ettore Scola, réalisateur de "Nous nous sommes tant aimés", est mort

Le réalisateur, mort mardi, a été l'auteur de chefs-d'œuvre mettant en scène Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Vittorio Gassman ou Nino Manfredi.

Le réalisateur italien Ettore Scola, lors de la 10e édition du Festival de Rome, en Italie, le 18 octobre 2015. 
Le réalisateur italien Ettore Scola, lors de la 10e édition du Festival de Rome, en Italie, le 18 octobre 2015.  (TIZIANA FABI / AFP)

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Le cinéma italien perd l'un de ses noms les plus emblématiques. Le réalisateur, scénariste et dessinateur Ettore Scola est mort, rapporte la presse italienne, mardi 19 janvier, citant des sources hospitalières. Agé de 84 ans, il s'est éteint dans un hôpital de Rome. 

Né en 1931, il passait pour un des derniers grands maîtres du cinéma italien, réalisateur de chefs-d'œuvre mettant en scène Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Vittorio Gassman ou Nino Manfredi. Il avait notamment signé Nous nous sommes tant aimés (1974), Une journée particulière (1977) ou encore La Famille (1987). 


De nombreux succès et récompenses

Au cours de sa longue carrière, débuté au début des années 1950, il avait obtenu de nombreuses récompenses, dont le prix de la mise en scène au festival de Cannes pour Affreux, sales et méchants, en 1976, ou encore les César du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Le Bal, en 1984.  En août 2011, il avait annoncé la fin de sa carrière. 

"Il est venu si souvent à Cannes. Je suis infiniment triste et orphelin, comme l'Italie", a réagi sur Twitter Gilles Jacob, ancien président du festival de Cannes.

Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a aussitôt fait part de sa tristesse après la mort de ce "maître dans l'art d'observer avec acuité l'Italie, sa société et ses changements".

Les plus grands acteurs ont tourné dans ses films

L'actrice Stefania Sandrelli, qui lui a offert l'un de ses plus grands films avec Nous nous sommes tant aimés en 1974, a fait part de son immense tristesse. "Si je devais choisir un mot entre tous, ce serait 'nous'. Il m'a transmis la magie de faire les choses ensemble et quelles choses nous avons fait ensemble, quels films !", a-t-elle réagi avec émotion.

Au cours de sa longue carrière, Ettore Scola commence à écrire des scénarios dans les années 1950 avant de passer de l'autre côté de la caméra en 1964 avec son premier film Si vous permettez, parlons de femmes. Il met alors en scène les plus grands acteurs de l'époque : Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni et Nino Manfredi.

L'un de ses films les plus importants viendra dix ans plus tard avec Nous nous sommes tant aimés, qui met en scène Nino Manfredi, Vittorio Gassman et Stefano Satta Flores, tous amoureux de la sublime Stefania Sandrelli.

Le plus "politique" des maîtres de la comédie italienne

Trois ans plus tard, en 1977, il réalise Une journée particulière, film plus politique et d'une extraordinaire sensibilité où l'on suit Marcello Mastroianni et Sophia Loren, se découvrant l'un l'autre dans un amour naissant mais impossible, sur fond de fascisme triomphant. La scène où ces deux immenses acteurs se déplacent entre les draps qui sèchent au soleil sur la terrasse du "palazzo" romain où ils sont restés seuls, est l'une des plus belles du cinéma italien, selon le critique cinématographique Francesco Castelnuovo. "Elle influence encore de jeunes réalisateurs", a-t-il assuré, interrogé sur la chaîne SkyTG24.

Ettore Scola était aussi le plus "politique" des maîtres de la comédie italienne, a commenté de son côté le critique de cinéma du quotidien Corriere della Sera, Paolo Mereghetti, sur cette même chaîne de télévision. Le cinéaste avait rejoint le Parti communiste italien (PCI) et deviendra même ministre de la Culture d'un cabinet fantôme formé en 1989 par les dirigeants communistes italiens. "Il comprenait où allait l'Italie et peu de cinéastes ont eu cette lucidité", a ajouté Paolo Mereghetti.

C'était aussi un "peintre" remarquable de la famille italienne, son grand sujet, qu'elle soit bourgeoise dans La famille, en 1987, ou sordide avec Affreux, sales et méchants en 1976, remarque Francesco Castelnuovo.

Mais son dernier hommage sera consacré à un autre grand maître du cinéma italien, Federico Fellini, dans un documentaire en 2013 : Comme c'est étrange de s'appeler Federico. Ses deux filles Paola et Silvia avaient, de leur côté, réalisé en 2015 un documentaire sur leur père intitulé En riant et en plaisantant.