Après une visite d'un peu plus de 24 heures en Russie,Gérard Depardieu ne rentre pas bredouille. Il a d'abord reçu son passeport russe, samedi 5 janvier après une rencontre avec Vladimir Poutine à Sotchi, sur les bords de la mer Noire. Puis il s'est vu offrir un logement dans la province de Mordovie, à 600 km au sud-est de Moscou, où il s'est rendu dimanche, selon la télévision russe. 

Un passeport russe

Selon le porte-parole personnel de Vladimir Poutine, Gérard Depardieu a rencontré le président russe "dans le cadre d'une visite privée", dont le Kremlin ne s'est pas privé de diffuser des images choisies. La télévision russe a ainsi montré une accolade entre Depardieu et Poutine, puis les deux hommes à table dans la résidence présidentielle. On y entend l'acteur, vêtu de façon décontractée, en chemise blanche et veste sombre, demander au président, en le tutoyant, s'il a vu le film, une coproduction franco-russe, où il interprète Raspoutine. 

Cette "brève rencontre" s'est déroulée dans la résidence même du président. A la question de savoir si Depardieu avait reçu le passeport de la main de Vladimir Poutine, le porte-parole du Kremlin a simplement répondu non, sans donner plus de détails. Mais l'acteur est bel et bien en possession du précieux document

(Francetv info avec AFP)

Gérard Depardieu a obtenu jeudi la citoyenneté russe par décision de Vladimir Poutine. L'acteur s'est félicité de ce geste dans une lettre où il exprime son amour pour la Russie et pour son président. Il y fait aussi l'éloge de la démocratie dans le pays, ce qui a provoqué un concert de critiques en Russie et à l'étranger. Même avec son passeport russe, Gérard Depardieu pourra conserver sa nationalité française et rentrer en France sans visa, selon Alban Mikoczy, le correspondant de France 2 à Moscou. "En revanche, s'il fait la démarche d'un abandon de sa nationalité française, il lui faudra un visa", ajoute-t-il.

Un logement en Mordovie

Dimanche 6 janvier, Gérard Depardieu s'est ensuite rendu à Saransk, dans la province de Mordovie, où il a été "accueilli en héros", selon les journalistes sur place. Lors d'une rencontre à l'opéra-théâtre de Saransk, lors de laquelle l'acteur a été habillé d'un vêtement traditionnel, le gouverneur de Mordovie lui a proposé de choisir un appartement ou un endroit pour se construire une maison, selon l'agence Itar-Tass.

(Francetv info)

De plus, les autorités locales ont aussi "promis" de lui "construire une maison au cœur des magnifiques forêts de Mordovie et au bord de l'Insar", une rivière, selon le site local MordovMedia. La Mordovie est davantage connue pour ses camps de prisonniers que pour ses attraits touristiques, note l'AFP.

"Ami des dictateurs", selon "El Mundo"

La presse européenne a de son côté multiplié les sarcasmes à l'égard de l'acteur de 64 ans. Il a notamment été qualifié d'"obligé d'un autocrate" (Sud-Ouest) ou d'"ami des dictateurs" (El Mundo, Espagne). Acteur très célèbre en Russie, Gérard Depardieu s'est également fait remarquer pour son implication dans des projets et événements controversés dans l'ex-URSS, comme auprès du numéro un tchétchène Ramzan Kadyrov, accusé de multiples exactions. Il a récemment enregistré une chanson avec Gulnara Karimova, fille aînée du président ouzbek Islam Karimov, au pouvoir depuis 1989 et très critiqué pour son bilan en matière de droits de l'homme.

Depuis qu'il a obtenu la citoyenneté russe, les rumeurs se sont multipliées concernant les déplacements de l'acteur et son éventuelle venue en Russie. Les médias ukrainiens et russes avaient ainsi annoncé vendredi la présence en Ukraine de l'acteur. Il était en réalité en France, comme l'a constaté un journaliste de l'AFP qui l'a aperçu sortant de son domicile parisien sur son scooter.