Affaire Harvey Weinstein : le monde du cinéma est "très misogyne", dénonce Léa Seydoux

Dans le "Guardian", l'actrice révèle avoir subi le harcèlement de l'influent producteur hollywoodien Harvey Weinstein, tout comme la comédienne Florence Darel dans "Le Parisien". Toutes deux critiquent l'omerta qui règne dans le milieu du cinéma.

Léa Seydoux pose devant les photographes, le 19 mai 2016, lors du festival de Cannes. 
Léa Seydoux pose devant les photographes, le 19 mai 2016, lors du festival de Cannes.  (EUAN CHERRY / NURPHOTO / AFP)
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Léa Seydoux et Florence Darel ont toutes les deux dû faire face aux avances insistantes du producteur hollywoodien Harvey Weinstein. Les deux actrices françaises l'ont révélé dans la foulée des témoignages de stars parus dans la presse américaine, accusant l'influent homme de cinéma de harcèlement, d'agressions sexuelles et même de viols. Léa Seydoux s'est confiée dans une tribune au Guardian (en anglais), mercredi. Florence Darel a parlé dans une interview au Parisien, jeudi 12 octobre. Mais au-delà du cas Weinstein, les deux comédiennes dénoncent les pratiques du monde du cinéma et critiquent l'omerta d'un milieu qui tolère de tels comportements.

La star française de La Vie d'Adèle et Spectre révèle ainsi qu'"un autre réalisateur a essayé de [l]’embrasser". "Comme [Harvey] Weinstein, j’ai dû le repousser physiquement. Il a agi comme un fou, hors de lui car je ne voulais pas avoir de relations sexuelles avec lui", raconte Léa Seydoux. Elle revient également sur une mauvaise expérience qu'elle a vécue en tant qu'actrice. "Un autre réalisateur avec qui j’ai travaillé filmait de très longues scènes de sexe qui duraient des jours. Il rejouait les scènes encore et encore dans une sorte de stupeur. C’était très grossier", écrit-elle. Ses propos font écho à son récit en 2013 du tournage "horrible" de La Vie d'Adèle sous la direction du réalisateur Abdellatif Kechiche. 

"Il n'y a pas de garde-fous"

"C’est un monde très misogyne", dénonce Léa Seydoux, qui pointe les inégalités de salaires entre acteurs et actrices. Hollywood en particulier est "un monde incroyablement exigeant envers les femmes", souligne-t-elle. L'actrice fustige notamment les "diktats de beauté". "C’est une image des femmes qui est bizarre et qui finit par nous contrôler", analyse-t-elle. 

Ce métier est basé sur l’apparence. Vous devez être désirable pour être aimée. Mais tous les désirs ne peuvent pas être assouvis, même si les hommes dans le milieu du cinéma croient le contraire.

Léa Seydoux

dans "The Guardian"

Si Léa Seydoux "espère" une évolution, l'actrice Florence Darel "ne pense pas" que ce changement puisse advenir. "Tout le monde, ne serait-ce que les organisateurs de festivals, est aux premières loges pour savoir ce qui se passe dans les hôtels", dénonce-t-elle. "Pourquoi est-ce que les agents envoient des actrices à des prédateurs ? Pourquoi est-on censées aller rencontrer des producteurs dans des chambres d'hôtel ?" interroge la comédienne, qui a notamment joué dans des films d'Eric Rohmer, Claude Berri et Jacques Rivette dans les années 1990.

Il n'y a pas de garde-fous parce qu'il y a cette espèce de non-dit qui sous-entend : 'Si tu veux faire ce métier, tu dois coucher de temps en temps.'

Florence Darel

dans "Le Parisien"