A Tahiti, une vague de colère déferle sur les producteurs du film "Point Break"

Une partie du film a été tournée sur l'archipel. Mais dans le montage final, l'action se déroule à des milliers de kilomètres de là... en France, dans le Sud-Ouest.

L'Américain C. J. Hobgood lors d'une compétition de surf à Tahiti (Polynésie française), le 24 août 2015.
L'Américain C. J. Hobgood lors d'une compétition de surf à Tahiti (Polynésie française), le 24 août 2015. (GREGORY BOISSY / AFP)
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Les "puissants d'Hollywood se sont permis sans vergogne de trahir le peuple polynésien". La Dépêche de Tahiti n'a pas de mots assez durs pour tacler les producteurs de Point Break, un long-métrage tourné en partie sur l'archipel et sorti en France mercredi 3 février, comme l'a remarqué Le Parisien.

Le film raconte "une série de braquages spectaculaires" qui menacent "l'équilibre des marchés financiers". "Les criminels opèrent aussi bien en motos dans des gratte-ciels new yorkais qu’en wingsuits pour s’échapper d’avions au-dessus de la jungle", à en croire le synopsis.

Les vagues de Tahiti délocalisées... à Biarritz

L'équipe du film a également tourné une scène de surf sur la vague mythique de Teahupo'o, comme le racontait Polynésie 1ere en septembre. Sauf qu'"aucune image, aucune référence à Tahiti n'est visible dans le film", regrette La Dépêche de Tahiti. La scène a été transposée bien loin de là... à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), où les vagues n'atteignent pas 15 mètres mais seulement... six.

Les applaudissements ont donc été "assez timides", à l'issue d'une avant-première organisée jeudi 4 février en Polynésie française. “C’est vrai que l’on aurait aimé voir Tahiti dans le film, reconnaît le patron de la Fédération tahitienne de surf. Mais ce qui est positif, c’est que le cinéma américain s’intéresse à notre vague de Teahupo'o. C’est encourageant et ça a été bon d’un point de vue économique."

La "confiance bafouée" des Tahitiens

Dans un billet d'humeur, le journal tacle donc ces "étrangers sans foi ni loi" : le réalisateur, la production et leurs "deux neurones". "Ces gars-là n’ont tout simplement rien compris à la force du mana qui émane de ce lieu, peut-on lire. On pouvait difficilement rester indifférent à tant d’insultes."

Pas de regret pour le quotidien : "Le film, d’ailleurs, est d’une nullité affligeante." "Ce n’est là qu’un juste retour des choses, certes, conclut-il. Mais elle n’effacera jamais les blessures infligées par une confiance bafouée et par une innocence trahie."