INTERNET – Parler de vent de panique pour évoquer le prétendu bug qui a frappé Facebook lundi 24 septembre est un euphémisme. Utilisateurs affolés vérifiant de manière compulsive qu'aucun message compromettant n'est resté coincé sur leur mur, médias – FTVi compris – qui embrayent, et pour finir demande très officielle d'explications de la part du gouvernement français.

La thèse du problème technique semble pourtant battre de l'aile mardi matin, comme le raconte 20 Minutes.fr. Des ingénieurs de Facebook ont ainsi indiqué à la BBC (article en anglais) que les messages privés et ceux publiés sur les profils des internautes étaient gérés par deux systèmes distincts, et qu'une brèche entre les deux était "impossible". L'entreprise a donné sa version des faits : pour elle, "les messages sont de vieux posts du mur qui ont toujours été visibles sur les profils des utilisateurs". Difficile pour l'heure d'affirmer que cette explication est fiable.

Si cette vague de peur sur le réseau a eu lieu, elle est en tout état de cause à relier aux multiples évolutions du service. Variées, elles ont un même objectif : faire passer le plus de temps possible aux internautes sur Facebook. FTVi récapitule.

Télex, "likes" et chat ont modifié les comportements

Au cours des dernières années, de nombreuses fonctionnalités ont été déployées par Facebook. La plupart ont de quoi faire passer l'envie de s'épancher en public à n'importe quel internaute un peu prudent. On peut ainsi évoquer l'apparition d'une messagerie instantanée sur le site en avril 2008 (lien en anglais), réservée au départ aux conversations entre utilisateurs en ligne, avant d'être étendue à une correspondance similaire aux e-mails.

Dans la même veine, la mise en place du bouton "J'aime" en février 2009 (lien en anglais) fait automatiquement remonter en page d'accueil les contenus les plus "aimés" et commentés par ses contacts. Autre évolution récente allant de ce sens : le télex, lancé mi-2011. Ce flux actualisé en continu permet de suivre en temps réel toutes les activités de ses "amis". Autant de changements qui ont de quoi calmer les ardeurs des utilisateurs prêts à faire le compte-rendu public de leurs soirées arrosées.

Impossible retour en arrière

Problème de toutes ces mises à jour : leur rétroactivité. Rien n'empêche par exemple un de vos contacts d'"aimer" aujourd'hui un message publié sur votre mur à une époque où le bouton "J'aime" n'existait pas. Ce message apparaît alors dans le télex de vos contacts respectifs.

Autre souci : Facebook ne propose pas de solution satisfaisante pour masquer ou supprimer certains vieux messages embarrassants. Deux techniques sont proposées : cacher d'un coup tous les messages publiés sur son profil, sans distinction de contenu, ou les passer en revue un à un, ce qui peut s'avérer fastidieux. Dans les deux cas, régler les paramètres de confidentialité de son profil n'est pas à la portée du novice. C'est encore plus vrai pour les enfants, de plus en plus présents sur le réseau, comme le rapportait en avril 2011 Le Monde.fr.

Pas question en tout cas pour la firme de Mark Zuckerberg de revenir sur ces évolutions. Toutes contribuent en effet à fidéliser les internautes, et à leur faire passer de plus en plus de temps sur Facebook. Le Figaro rapportait ainsi que les Français passaient en moyenne 4h45 par mois sur ce réseau social en février 2011. Ce chiffre est passé à 5h18 en août 2012, indique Europe 1.fr. Un argument de poids pour l'entreprise, quand vient l'heure de vendre de la publicité sur le site.