Au château de Versailles, une historienne de l'art priée de se taire pendant une visite

Un guide l'a empêchée de commenter sa visite avec ses amis, estimant qu'elle n'avait pas le "droit de parole" : "Il y a des guides et audioguides pour ça", lui a-t-on dit.

Devant les grilles du château de Versailles (Yvelines), le 30 juillet 2017. 
Devant les grilles du château de Versailles (Yvelines), le 30 juillet 2017.  (STEFANO RELLANDINI / REUTERS)
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Une historienne de l'art raconte sur Twitter, le 29 octobre, sa mésaventure au château de Versailles. Accompagnée par trois amis américains, Marie-Noëlle Grison‏ souhaite leur expliquer "le concept de la marqueterie Boulle" (du nom d'André-Charles Boulle, maître ébéniste à la cour du roi Louis XIV). Quand un garde lui "tombe dessus" : très "désagréable" : "Il m'explique que je n'ai pas de droit de parole donc c'est interdit ; il y a des guides et audioguides pour ça." 

Elle proteste : "Je suis ici avec des amis et je ne suis donc pas payée. Je fais juste mon boulot d'historienne de l'art (...)  le savoir est fait pour être partagé, et propose donc de lui expliquer à lui aussi la marqueterie Boulle." Mais le garde s'obstine et lui intime l'ordre de quitter la salle. L'homme "saisit son talkie-walkie et appelle la sécurité", raconte Marie-Noëlle Grison‏ qui interpelle le château de Versailles sur Twitter.

Une commode avec des motifs en écaille avec une marqueterie de métal, plaquée sur du bois teint, réalisée par André-Charles Boulle, visible au musée du Louvre, à Paris.
Une commode avec des motifs en écaille avec une marqueterie de métal, plaquée sur du bois teint, réalisée par André-Charles Boulle, visible au musée du Louvre, à Paris. (PHOTO JOSSE / LEEMAGE / AFP)

L'établissement culturel lui a répondu : "Nous sommes navrés que vous ayez rencontré des désagréments lors de votre visite. L’exercice du droit de parole est soumis à l’obtention préalable d'une réservation et d'une autorisation, afin d’assurer le confort de la visite. Néanmoins, nous comprenons qu’il s’agissait d’une visite privée et transférons votre remarque au service concerné."

Le "droit de parole", un exercice très encadré

Interrogé par Le Parisien, le château de Versailles précise que "de plus en plus de guides non autorisés commentent la visite des grands appartements à des groupes. Des contrôles sont effectués par les agents de surveillance pour limiter les abus qui pénaliseraient les guides officiels et qui troubleraient les autres visiteurs."

Le "droit de parole" est un exercice réglementé dans les musées, monuments ou châteaux. Gratuit ou payant, il s'agit d'une "autorisation concédée à un guide professionnel extérieur au site visité (...) de conduire une visite en son sein" avec un ou plusieurs visiteurs, précise Le Parisien. A Versailles, par exemple, "seuls y sont autorisés les enseignants devant leurs élèves, les guides conférenciers agréés par le ministère, les conservateurs de musée et les détenteurs de la carte relais culturels", indique le site du château