VIDEO. "Comment faire pour ne plus les utiliser ?" : le dilemme d'un agriculteur face aux pesticides

Jean Lefevre, 36 ans, est agriculteur à Ognes (Oise). Son local phytosanitaire contient plus de 100 pesticides, qu'il doit manipuler avec une grande précaution. Reportage. 

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Valentine PasquesooneFrance Télévisions

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A 36 ans, cet agriculteur est à la tête d'une exploitation de 350 hectares. A Ognes (Oise), Jean Lefevre cultive du blé, du colza, de la betterave, du maïs et du quinoa. 

Sur ses 350 hectares, Jean Lefevre en cultive 60 en agriculture biologique, garantis sans pesticides. Mais dans le restant de son exploitation, le céréalier a toujours besoin de produits chimiques. Il ne peut pas se passer entièrement d'herbicides (ces produits qui tuent les "mauvaises" herbes) et de fongicides (pour lutter contre les champignons parasites). 

Dans son exploitation, derrière divers tracteurs et autres machines, l'homme garde l'ensemble de ses pesticides dans un conteneur bien protégé. Son local phytosanitaire contient surtout des herbicides, comme le glyphosate (utilisé dans le Roundup), ainsi que des fongicides et quelques insecticides. 

Vêtir une combinaison avant de traiter les champs

Chaque produit peut être dangereux pour l'environnement et pour l'être humain. Le Grivolax, un herbicide à base de glyphosate, peut par exemple brûler la peau et le sol. Un fongicide que Jean Lefevre utilise, l'Helocur, est jugé dangereux pour les milieux aquatiques, pour la peau et pour les muqueuses. 

Le céréalier ne s'inquiète pas trop pour sa santé, mais préfère se protéger au maximum. "On ne sait jamais", réagit-il. Ce jour-là, il doit manipuler trois herbicides différents pour traiter une parcelle de blé. Pas moins de 32 litres de produits chimiques, qui imposent une protection intégrale du cultivateur. Masque, gants, lunettes, combinaison : aucune partie du corps de Jean Lefevre ne doit être exposée. 

"Mon souhait serait de moins utiliser ces produits", explique l'exploitant. Mais "aujourd'hui, personne ne me dit comment faire" pour ne plus y avoir recours. Il y a, certes, le désherbage mécanique, reconnaît-il. Mais selon Jean Lefevre, cette alternative, qui demande beaucoup de temps (et qui coûte donc plus cher), est moins efficace qu'un désherbage chimique. Les herbicides suppriment en moyenne 99% des mauvaises herbes. Contre 80 à 90% pour les outils mécaniques. 

Jean Lefevre, agriculteur dans l\'Oise, avant l\'épandage de pesticides.
Jean Lefevre, agriculteur dans l'Oise, avant l'épandage de pesticides. (VALENTINE PASQUENOONE / FRANCEINFO)