Territoire, attaques de troupeaux, bêtes abattues... Trois données pour comprendre la présence du loup en France

Alors que le débat fait rage autour du quota de tirs de prélévement de l'espèce "canis lupus", franceinfo s'est plongé dans les données les plus récentes sur l'animal. 

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Nicolas EnaultJulie RasplusFrance Télévisions

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A chaque nouvelle attaque, le loup refait parler de lui. Ces dernières semaines, le débat, qui oppose militants écologistes et éleveurs, a pris un tour plus politique avec la parution de deux décrets, relevant le quota d'animaux pouvant être abattus sur un an. Jusque-là fixé à 36 bêtes pour la saison 2016-2017, il a été relevé à 38, puis 40 loups, pouvant être visés par des tirs de prélèvement avant le 30 juin, par la voie d'un décret publié dans le Journal officiel à la mi-juin. 

Pour mieux comprendre la situation liée à la présence de ce grand prédateur, revenu en France dans les années 1990 et protégé par la convention de Berne en Europe, franceinfo a compilé quelques données récentes. 

Où vivent les loups en France ? 

S'il est difficile d'établir un nombre exact de loups, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage a tout de même livré une estimation à l'issue de sa campagne de suivi annuelle. Selon ce décompte, daté de la mi-mai, environ 360 loups vivent aujourd'hui sur le territoire. L'ONCFS a également dénombré 42 meutes. Ces chiffres sont en hausse par rapport à 2016, où 292 animaux avaient été repérés, pour 35 meutes. 

Cette carte, basée sur des données compilées par l'ONCFS entre 2014 et 2015, montre les zones de présence du loup, qu'elle soit permanente ou occasionnelle. Il s'agit surtout des massifs alpin, vosgien, pyrénéen ou du Massif central. 

Plus vous zoomez, plus la carte se précise avec le nom des communes où des loups ont été aperçus. 

Présence de loups
  • Régulière
  • Occasionnelle
Source : ONCFS, Illustration : Freepik

Au total, 57 zones de présence permanente ont été identifiées à la sortie de l'hiver 2016-2017, contre 49 pour l'hiver précédent. Parmi les nouvelles : la zone autour de Morgon (Hautes-Alpes), Caroux (Hérault) ou encore autour de la montagne Sainte-Victoire (Bouches-du-Rhône et Var). D'autres zones ont été délaissées et certaines n'abritent que des loups vivant seul ou en couple. 

Où recense-t-on le plus d'attaques de loups ? 

Nb de victimes constatées
  • 1
  • 3133
Source : Dreal Rhône-Alpes

La présence du loup s'observe parfois par le biais d'attaques. Ce prédateur s'en prend en effet aux troupeaux domestiques, au grand dam des éleveurs qui s'inquiètent pour la pratique du pastoralisme. Entre janvier 2016 et juin 2017, plus de 10 200 bêtes ont été tuées par des loups, selon la Direction régionale de l'environnement Auvergne-Rhône-Alpes, qui recense les attaques au niveau national. Les victimes sont essentiellement des ovins (moutons et brebis), mais aussi des caprins ou des équidés. 

Parmi les départements ayant enregistré le plus de dégâts liés au loup, on compte les Alpes-Maritimes (3 133), la Savoie (1 781), les Alpes-de-Haute-Provence (1 276), le Var (1 002), les Hautes-Alpes (790) ou encore l'Isère (710). Les règles pour attribuer une attaque au loup sont fixées dans une circulaire du 27 juillet 2011. Des soupçons apparaissent en cas de "traces de morsures" ou de bêtes mortes après un "stress manifestement dû à une prédation". En cas de doute sur la responsabilité avérée du loup, "l'analyse conduit à une décision prise à l'avantage de l'éleveur".  

Quel département abat le plus de loups ?

Sans surprise, les départements les plus touchés par les dégâts liés aux loups sont aussi ceux où l'on abat le plus de canidés, montrent les chiffres compilés par la Dreal Auvergne-Rhône-Alpes. Ainsi, sur les 40 loups abattus pendant la saison 2016-2017, 15 l'ont été dans les Alpes-Maritimes, 8 en Savoie et 5 dans le Var. Le reste se répartit entre les Alpes-de-Haute-Provence (4), la Drôme (4) et l'Isère (3). Les Hautes-Alpes n'ont abattu qu'un seul spécimen. Six de ces sept départements cumulent le plus grand nombre de bêtes tuées par des loups.

Le quota de tirs de prélévement du loup est fixé, chaque année, par décret. Pour l'année 2016-2017, il a été relevé à 40 individus pouvant être abattus, ce qui a provoqué la colère de militants pro-loups. De nombreuses personnalités ont dénoncé des tirs massifs et appellent au développement des "méthodes non létales pour empêcher les intrusions"