Que faire si votre chat ou votre chien est obèse ?

Du diagnostic aux mesures à prendre, francetv info revient sur la marche à suivre si votre animal est trop gros.

Une infirmière porte un chien obèse qui participe à une compétition de remise en forme d'animaux de compagnie, au Royaume-Uni, le 5 juin 2013.
Une infirmière porte un chien obèse qui participe à une compétition de remise en forme d'animaux de compagnie, au Royaume-Uni, le 5 juin 2013. (PDSA / REX FEATURES / SIPA)
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Comme de nombreux maîtres attentionnés, vous vous préoccupez du bien-être de votre animal de compagnie. Vous le bichonnez, vous lui achetez des jouets, vous lui donnez à manger ses plats préférés et des petites friandises de temps à autre.

Sauf qu'il est peut-être en surpoids, voire obèse. Une situation de plus en plus répandue, qui devrait vous alerter si vous êtes attentif à son confort de vie. Au Royaume-Uni, 45% des chiens sont considérés comme obèses ou en surpoids, selon une étude (en anglais) menée par l'Association des fabricants britanniques de nourriture animalière, et publiée en mars. Chez les chats, le taux grimpe à 40%, et pour les rongeurs (cochons d'Inde, lapins et hamsters), il atteint 28%. Les oiseaux ne sont pas épargnés : 15% d'entre eux sont touchés. Que faire si votre petit compagnon est trop gros ? Francetv info vous explique tout.

Etape 1 : le diagnostic

Ce test est facile à réaliser. Placez-vous à hauteur de votre animal. Mettez-le debout, devant vous. Palpez ses flancs avec les mains bien à plat. Si vous ne sentez pas (ou peu) les côtes, et que vous ne percevez pas le creux des flancs à l'œil quand vous le regardez d'en haut, alors il est trop gros. Pour vous faire une meilleure idée, regardez cette infographie (en anglais) de l'Association des fabricants britanniques de nourriture animalière.

"L'obésité commence à 20% au-dessus du poids optimal de l'animal", explique à francetv info Géraldine Blanchard, vétérinaire spécialiste de la nutrition animale, et auteure d'un blog spécialisé. Concrètement, un chat dont le poids optimal est de 4 kilos est considéré comme obèse à partir de 4,8 kilos.

Ce diagnostic peut vous aider à ouvrir les yeux sur l'état de santé de votre compagnon à poils. Selon Géraldine Blanchard, il est nécessaire de changer le regard que l'on porte sur les animaux obèses : "Il ne faut pas faire plaindre un chien ou un chat que l'on doit faire maigrir. Il faut plaindre le chien ou le chat qui est trop gros, car il est en souffrance. Le plus difficile, c'est de faire comprendre au maître que son animal est trop gros. Et lui faire accepter de faire maigrir son animal", observe la spécialiste.

En juin 2010, une étude BVA pour l'enseigne Gamm Vert a montré que 98% des Français considéraient leur animal en bonne santé. Seuls deux sur dix reconnaissaient qu'on leur avait déjà fait une remarque concernant son poids. Et seuls 13% des Français estimaient que ces remarques étaient justifiées.

Etape 2 : les bonnes pratiques

Si le test de l'étape 1 s'est révélé positif, vous devez lire cette étape 2.

Demandez conseil à votre vétérinaire pour choisir les aliments. Selon l'espèce, la race, l'absence ou non de stérilisation, et le mode de vie (maison ou appartement), le régime de l'animal doit être différent. "Faire perdre un peu de poids, c'est toujours un bénéfice. Mais il faut se faire accompagner parce que l'on risque de mal faire. Le vétérinaire fait un bilan nutritionnel de l'animal pour établir ce dont il a besoin", indique Géraldine Blanchard. Et pas d'inquiétude : les friandises ne seront pas bannies. Si vous tenez absolument à lui en donner, le vétérinaire les intègre dans le décompte final. "Ce qui importe, ce n'est pas ce que l'on donne à manger, mais comment le maître donne à manger."

Evitez les restes de table. "C'est souvent gras, salé ou sucré, et donc pas très équilibré", observe la spécialiste. Sans compter que cela est difficile à intégrer dans le régime établi par le vétérinaire.

Si vous avez un chien, ne laissez pas la gamelle pleine à disposition. Retirez-la, même si elle n'est pas terminée. "S'il ne finit pas, c'est peut-être qu'on lui en donne trop", remarque Géraldine Blanchard.

Si vous avez un chat, régulez ses repas pendant la journée. Un chat peut faire plusieurs petits repas dans la journée. "Cela correspond à ce qu'il ferait dans la nature, en chassant et mangeant une quinzaine de souris par jour", explique la vétérinaire. Mais un chat en surpoids, castré et sédentarisé, ne se régule pas. Dès lors, si votre chat reste seul toute la journée à la maison, il faut peser sa dose de croquettes et opter pour un dispositif programmable qui va répartir la quantité définie tout au long de la journée. Comptez entre 70 euros et 100 euros pour un tel appareil.

Doucement sur les exercices. "Si l'animal est trop gros, il doit d'abord maigrir avant de faire de l'exercice", selon Géraldine Blanchard. Techniquement, il faut réduire la masse graisseuse avec un régime adapté tout en "maintenant la masse maigre pour maintenir la tonicité", ajoute-t-elle.

Etape 3 (si vous n'agissez pas) : les risques 

En Europe, un maître sur dix affirme préférer que son animal soit un peu enrobé, selon une vaste étude de YouGov pour la marque Hill's Pet Nutrition, rapportée en septembre 2013 par Metronews.

Pourtant, "le surpoids et l'obésité réduisent l'espérance de vie du chat et du chien d'environ deux ans", précise Géraldine Blanchard. Chez l'homme, cela équivaut à une réduction de l'espérance de vie de quinze ans.

Les problèmes d'embonpoint de votre boule de poils peuvent lui causer différents maux. "Chez le chat, cela provoque souvent du diabète, et des troubles cutanés qui aggravent l'arthrose", ajoute Géraldine Blanchard. Chez le chien, le vieillissement prématuré est important : "Les premiers signes d'arthrose apparaissent en moyenne à l'âge de 12 ans chez un animal au poids optimal. Chez un chien obèse, les premiers signes sont observés en moyenne dès 6 ans."

"Un animal trop gros est un animal malade qui risque de mourir de façon prématurée et qui doit être soigné, plaide Géraldine Blanchard. Mais nous avons une grande chance, l'obésité est une maladie réversible."