Pour se reproduire, les couples mal assortis finissent par se ressembler

Une équipe de chercheurs du CNRS a mené des expériences sur des poissons tropicaux.

Des cichlidés zébrés, photographiés le 20 janvier 2005. 
Des cichlidés zébrés, photographiés le 20 janvier 2005.  (DOMINIQUE HALLEUX / BIOSPHOTO / AFP)
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Qui s'assemble finit par se ressembler. C'est en substance le résultat d'une étude publiée dans la revue Science Advances (en anglais), vendredi 4 mars. Une équipe de chercheurs du laboratoire Biogéosciences, du CNRS-Université de Bourgogne-Franche-Comté, a étudié les comportements de couple d'une espèce de poissons monogames, les cichlidés zébrés.

Les chercheurs ont trié les poissons selon leur caractère : curieux, agressif, timide, détaille Le Figaro (article payant). Ils ont constitué ensuite 28 couples. La moitié de ces couples se ressemblaient, les quatorze autres couples étaient dissemblables.  

Un ajustement temporaire ?

"Comme attendu, nous avons observé que les couples similaires avaient un meilleur succès reproducteur que les couples dissimilaires. Mais, de manière plus inattendue, certains couples dont les partenaires étaient initialement très différents étaient devenus similaires. Plus les partenaires avaient convergé, meilleur était leur succès reproducteur", explique Chloé Laubu, doctorante en comportement animal. C'est essentiel pour protéger le nid des prédateurs et s'occuper convenablement des petits, insistent les chercheurs.

Les scientifiques estiment donc que pour se reproduire, il ne faut pas perdre son temps à trouver le partenaire qui nous ressemble. "La recherche du partenaire idéal peut se révéler extrêmement coûteuse, notamment en termes de temps et d'occasions manquées, et il pourrait être plus efficace pour un individu de s’apparier avec un partenaire disponible mais pas forcément idéal", note l'étude.

Néanmoins, ce changement de comportement pour s'accorder est-il transitoire ou permanent ? "Cette adaptation des comportements pourrait être liée à des processus hormonaux, qui varient en fonction des cycles de reproduction", explique au Temps Philippe Christe, professeur d'écologie comportementale à l'université de Lausanne (Suisse). L'équipe de recherche du CNRS devrait maintenant vérifier ce point.