Le camp de l'explorateur Nicolas Vanier attaqué en raison de l'état de santé de ses chiens

Le site, abritant une soixantaine de chiens de traîneau, a fermé ses portes, mardi 8 juillet. Une association a publié des photos des animaux amaigris. 

Le camp de  Nicolas Vanier dans le parc du Vercors (Drôme) a fermé ses portes, mardi 8 juillet 2014.
Le camp de  Nicolas Vanier dans le parc du Vercors (Drôme) a fermé ses portes, mardi 8 juillet 2014. ( MAXPPP)
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"Ce n'est pas du cinéma, mais une triste réalité." Pascale Laroche, présidente de l'association l'Eden Valley Ô secours des Nordiques, contactée par francetv info, dénonce l'état dans lequel elle a recueilli, vendredi 11 juillet, dix chiens de traîneau du camp Nicolas Vanier, à Vassieux-en-Vercors (Drôme), qui a fermé mardi 8 juillet. "Ils étaient en état de dénutrition. Quand vous voyez des animaux comme ça, ça vous prend aux tripes", assure-t-elle. L'association, également basée dans la Drôme, a posté sur son compte Facebook des photos de ces chiens visiblement amaigris.

L'association Eden Valley a recueilli dans la Drôme dix chiens du camp de Nicolas Vanier, vendredi 11 juillet 2014.
L'association Eden Valley a recueilli dans la Drôme dix chiens du camp de Nicolas Vanier, vendredi 11 juillet 2014. (ASSOCIATION EDEN VALLEY)

"Une histoire de morphologie"

Le camp a fait l'objet d'un contrôle de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) à la fin 2013. Une mise en demeure a alors été adressée à l'exploitant "sur les conditions d'hygiène et de sécurité, qui n'étaient pas conformes". Une contre-visite a eu lieu, lundi 7 juillet. Selon la préfecture de la Drôme, "aucun des travaux n'a été effectué". "Pire, le nombre de bêtes a augmenté. Il y avait 48 chiens de traîneau au départ et 61 ont été recensés lundi, a déclaré la préfecture. Au regard de la situation de non-conformité, le préfet prendra d'ici à 24 heures un arrêté de fermeture administrative de l'établissement."

Parmi les 61 chiens, 20 appartenaient aux gérants du camp, 30 ont été placés chez des mushers (conducteurs de chiens de traîneau) et 10 chez l'association Eden Valley. Frédéric Vinson, qui gérait l'activité chiens du camp Vanier, récuse toute négligence. "Ces associations font de la télé-sensation, affirme-t-il à francetv info. Les chiens étaient bien nourris, c'est une histoire de morphologie. Dans la vie, il y a  des gros et il y a des maigres." 

Nicolas Vanier, actuellement en voyage en Chine, s'est défendu dans les colonnes du Parisien (article payant) : "Ce qui est dit  sur la santé des chiens, ce sont de fausses informations, que les services de l'Etat qui sont intervenus au camp peuvent facilement démentir (...). on fait dire ce qu'on veut à des photos. Je connais bien le gérant du camp, un homme qui a des chiens depuis trente ans, et qui les aime profondément".

Un camp controversé

Dès le 24 juin, Nicolas Vanier annonçait sur le site Internet du camp de loisirs, ouvert en 2011, la fermeture, évoquant des problèmes financiers. "Cette décision douloureuse était inévitable, écrit alors l'explorateur. Le camp n’a fait que perdre de l’argent, tout en offrant à ceux qui nous faisaient l’amitié de venir nous voir du rêve, ce qui était une sorte de contrepartie au temps, à l’énergie, à tout l’argent que nous avons mis dans cette structure pour tenter de la faire vivre et durer."

Le camp, sorte de petit village de vacances, se voulait "100% écolo, avec des yourtes, des tipis, des panneaux photovoltaïques, des éoliennes, un potager bio, des chiens de traîneau ou des chevaux", expliquent nos confrères de France 3 Rhône-Alpes. 

Mais la structure était au cœur de polémiques, rappelle France 3 Rhône-Alpes : "Des habitants du coin, une poignée d'élus locaux et une association environnementale reprochaient au globe-trotteur de ne pas avoir respecté des règles d'urbanisme." Par ailleurs, en décembre 2013, deux chiens ont fugué du camp. Dans la foulée, deux brebis ont été tuées et plusieurs autres blessées. Un troupeau du même éleveur avait été attaqué en 2012. Ce dernier avait alors porté plainte contre le camp.