Moins étudiés, les animaux "moches" seraient davantage menacés d'extinction que les autres

Même les bêtes sont discriminées sur leur physique, selon une étude australienne publiée le 6 mars. 

Photo non datée de petits rhinolophes, l'espèce de chauve-souris la plus menacée d'Europe, qui a déjà disparu du Bénélux, du nord de la France et de quasiment toute l'Allemagne.
Photo non datée de petits rhinolophes, l'espèce de chauve-souris la plus menacée d'Europe, qui a déjà disparu du Bénélux, du nord de la France et de quasiment toute l'Allemagne. (CHRISTIAN KOENIG / AFP)
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Rationnels, les scientifiques ? Que nenni ! La preuve en est fournie par une étude australienne publiée le 6 mars par la Mammal Review (en anglais). Et ce n'est pas joli, joli : les animaux jugés moches par les humains seraient davantage menacés d'extinction que les autres, car ils sont moins étudiés par les scientifiques.

Trish Fleming et Phil Bateman, les auteurs de l'étude, ont classé, explique Le Monde, "331 mammifères terrestres australiens (...) en trois catégories : les beaux (good), les méchants (bad) et les moches (ugly)." Ils ont ensuite compté, selon le magazine en ligne The Conversation, le nombre de mentions consacrées aux différentes espèces de mammifères dans les revues scientifiques spécialisées.

Et le résultat est sans appel. Kangourous, koalas, diables de Tasmanie et opossums, qui constituent la moitié des mammifères australiens, sont mentionnés dans les trois quarts des études, toujours selon The Conversation. A l'inverse, souligne Le Monde, "le groupe des animaux moches (les chauves-souris, les rongeurs) est celui qui rassemble le moins d’études".

Une asso australienne pour les animaux laids ?

Et cette discrimination aurait des conséquences désastreuses pour ces espèces : "14 des 30 mammifères disparus en Australie depuis 1788, par exemple, sont des rongeurs. Et même s’ils sont peu photogéniques, ces animaux sont nécessaires" pour l'écosystème, souligne Le Monde. Or il est difficile d'améliorer les chances de survie d'espèces sur lesquelles on dispose de peu de données.

L'Australie, qui est pourtant un pays riche, figure parmi les 40 Etats consacrant le moins d'argent à préserver les espèces, relève The Conversation. Et la revue pense qu'il serait plus que temps de lancer une association pour préserver les animaux laids, comme il en existe déjà au Royaume-Uni.